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LECTURE URBAINE

Scène, dispositif, tracé et sens de la ville

Port—©Silvia Bonnet

Pointe-à-Pitre, jour de semaine, fin de matinée. Une fois l’averse tombée, les nuages plombés de gris se sont posés sur l’horizon, laissant le soleil saturer l’air d’humidité. À l’ombre des manguiers et des palmiers ébouriffés, la place de la Victoire monte en pente douce de la darse où chaque jour quelques barques viennent accoster pour vendre la pêche du matin, ou de la veille.
Montparnasse

Bien que le 22 octobre 1895 en gare du Montparnasse les butoirs aient fait la preuve, aussi irréfutable que sublime de leur inutilité, la gare, réparée dans un premier temps puis reconstruite un peu plus loin, pas rancunière, leur a maintenu toute sa confiance et trois types de butoirs y sont aujourd’hui en service.
U-Bf Friedrichstraße

La cartographie prétend représenter la réalité, de sorte que le lecteur d’une carte peut naviguer dans le monde, s’y repérer. Mais les cartes n’existent que parce que leurs auteurs manipulent la réalité, ne serait-ce qu’en sélectionnant ce qu’il s’agit de figurer sur elles. Les cartes contiennent toujours une part de vérité, mais jamais rien que la vérité.
mots_Defense-2—©François Bon

Parce que la poire, ou l’île, est une surface nettement délimitée, elle se reconstruit sur elle-même. La zone «reflets» (à cause de la tour Saint-Gobain, qui joue des siens) devient la vitrine la plus futuriste, au détriment même des grands élancements des tours-pouvoir (Total, Areva, EDF). Alors certains secteurs, qui furent dépositaires de ce futurisme une décennie, s’abandonnent et gardent la vieille signalétique grise. La signalétique grise divise la poire en huit, avec des numéros.
hong-kong-signs_03 — ©Ikano Grafik

Si la ville naît avec la sédentarisation des hommes, son développement a pour corollaire le recours aux signes. Les traces d’autrefois n’ont rien à voir avec celles que nous connaissons aujourd’hui. Mais dès Sumer, Éphèse, Pompéi, Tikal et ailleurs, trois types de signes —institutionnels, mercantiles, sauvages— sont bien présents, et se sont installés dans notre espace urbain. Comment en faire le répertoire? Comment penser leurs connexions? Comment, aussi, les oublier?
1204 v3

Des architectures solitaires décomposées en fragments à l’espace dépossédé et projeté, l’anarchitecture est une méthode spirituelle, une nouvelle psychogéographie du paysage urbain qui a pour but de nous détacher un temps du pouvoir d’accoutumance et de neutralisation de notre culture perceptive.
«Dans mon ‘stade’, c’est ma ligne de départ du 5 km.» Crédit photo Luc Levesque, de Training for Boston

Les pratiques sportives urbaines sont le terrain de chasse des vendeurs de godasses. Dès les années 1920, le lobbyiste Edward Bernays expliquait ainsi aux industriels qu’il fallait «construire des consensus» pour que le grand public consomme. En effet, la publicité seule ne fait pas consommer un produit, il est nécessaire de construire une histoire, de pénétrer l’inconscient collectif de façon très organisée, avec les leaders d’opinions de chaque groupe social.
Veronica Chamaedrys

Madrid est une ville minérale. Tant de dalles de granit, de bâtiments larges et solides, de passants sur les trottoirs, dans les rues, les ruelles ont évacué la vie des plantes sauvages. Et la période de Noël ne change rien à l’affaire…
Stockholm, 1560

Sur l’acte de naissance des villes on lit d’abord un anéantissement de la campagne. Réintroduire la nature entre les bâtiments ne changera pas cette donnée fondamentale. Mais la campagne est pugnace, elle aime à resurgir. Elle renaît dès que l’emprise de la ville se relâche, parfois à quelques mètres de l’hyper centre lourd des quais de marbre et des dalles de béton.
panneau

Dans nos villes, les espèces graphiques qui émanent des institutions publiques sont innombrables. Il y a celles qui forment le réseau des inscriptions invisibles et assurent aux gestionnaires toutes formes de contrôle et de surveillance. Mais il y aussi celles qui sont destinées au public, pour des raisons qui semblent se renouveler sans cesse.