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	<title>Urbain, trop urbain</title>
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	<description>Urbain, trop urbain parle d&#039;urbanisme et d&#039;architecture, de projets urbains et d&#039;art de la ville. Urbain, trop urbain réalise des voyages d&#039;étude et rédige textes et critiques relatifs à la ville à vivre. De la mégalopole ouverte à l&#039;ancienne cité ramassée sur son histoire, une multitude de réceptacles pour des pratiques à inventer...</description>
	<lastBuildDate>Tue, 14 Feb 2012 16:13:25 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Miroirs de la ville #6 Le capitalisme contre le droit à la ville. Néolibéralisme, urbanisation, résistances</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 07:55:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Duperrex</dc:creator>
				<category><![CDATA[POST-IT URBAIN]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
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		<description><![CDATA[La thèse du géographe David Harvey est simple: les concentrations démographiques et géographiques que sont les villes doivent leur dynamique au besoin du capitalisme d’écouler le surproduit. Dans cette voie, comme dans la fameuse fresque de Diego Rivera, les villes cristallisent du temps de travail et des rapports de classes. La progression des infrastructures urbaines est en ce sens attachée au jeu de l’investissement et de la dette.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #888888;">Le mardi matin, <em>Urbain, trop urbain</em> promène un livre le long du Web. Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur <em><a href="http://twitter.com/urbain_" target="_blank">TWITTER</a></em>, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ?</span></span></h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>&gt; Miroir à partir de <strong>David Harvey</strong><strong>, <em><strong><em>Le capitalisme contre le droit à la ville. Néolibéralisme, urbanisation, résistances</em> (Éditions Amsterdam, 2011)</strong></em></strong>.<a href="#note1">*</a></strong></p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Inverted-house—Houston—©Dan-Havel-Dean-Ruck.jpg" rel="lightbox[5162]"><img class="alignleft size-full wp-image-5168" title="Inverted house—Houston—©Dan Havel &amp; Dean Ruck" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Inverted-house—Houston—©Dan-Havel-Dean-Ruck.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Quelque part <a href="http://www.bbc.co.uk/news/magazine-16744240" target="_blank">en Irlande</a>, quelqu’un a patiemment édifié une maison-sculpture composée de briques de&#8230; billets de banque mis hors circulation. Pas de meilleure métaphore de la crise d’origine immobilière qui frappe ce pays comme tant d’autres. Les maisons implosées de <a href="http://deanruck.com/havel-ruck-projects" target="_blank">Dan Havel et Dean Ruck</a> à Houston, Texas, énoncent quelque chose de comparable : le signe du crash et de l’effondrement sur soi de l’immobilier. Entre les <a href="http://www.slate.fr/story/48697/espagne-valence-pp-connexion" target="_blank">tours qu’on ne construira pas</a> et la <a href="http://acostade.tumblr.com/" target="_blank">côte surbétonnée</a> d’Alicante, l’Espagne nous instruit d’un même malaise. Quel rapport noue la ville à la crise ?</p>
<p style="text-align: justify;">La thèse du géographe David Harvey est simple : les concentrations démographiques et géographiques que sont les villes doivent leur dynamique au besoin du capitalisme d’écouler le surproduit. Dans cette voie, comme dans la fameuse fresque de <a href="http://cral.in2p3.fr/artelogie/spip.php?article117" target="_blank">Diego Rivera</a>, les villes cristallisent du temps de travail et des rapports de classes. En effet, dans la doctrine marxiste <a href="http://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2011-4-page-173.htm" target="_blank">dont se revendique Harvey</a>, le surproduit, c’est la valeur gagnée par le capital dans le produit du travail grâce au surtravail (le travail non payé générant la plus-value).</p>
<p style="text-align: justify;">La croissance des taux de profit et la quête de la plus-value, consubstantiels au capitalisme, mobilisent utilement le surproduit à travers l’urbanisation. La progression des infrastructures urbaines est en ce sens attachée au jeu de l’investissement et de la dette : les villes « avalent » le surproduit et sont pour le capitalisme un moyen essentiel de tirer des intérêts d’une partie de la plus-value. Quand le surinvestissement pointe, c’est la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/For-Rent_New-Orleans—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5162]"><img class="alignleft size-full wp-image-5169" title="For Rent_New Orleans—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/For-Rent_New-Orleans—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="459" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le phénomène n’est pas nouveau. En 1868 s’effondre ce qui a soutenu <a href="http://thefunambulist.net/2012/02/08/history-haussmannian-social-housing-a-kowloon-walled-city-within-paris-part-1/" target="_blank">l’haussmannisation</a> de Paris, à savoir l’hypermobilisation du système financier. Robert Moses, qui a conduit New York à la catastrophe de la suburbanisation à coups de dispositifs fiscaux était un admirateur et thuriféraire du Baron Haussmann. Son influence s’est érodée avec les crises urbaines des années 1960 et le surgissement d’oppositions conservatrices de la ville, notamment sous l’égide de <a href="http://janeswalkphx.com/category/jane-jacobs/" target="_blank">Jane Jacobs</a>. Si l’on en suit la genèse, on se rend compte que la crise de la fin des années 1960, ponctuée d’émeutes ou de révolutions urbaines telles que 1968 en France, s’est amplifiée <em>« d’abord avec l’éclatement de la bulle immobilière mondiale de 1973, puis avec la banqueroute de la ville de New York en 1975 »</em> (p.17). Eh non ! Il n’y a pas eu qu’une crise pétrolière. Celle-ci a été précédée, six mois auparavant, d’une crise immobilière de première importance… Quant à New York, c’est la France et l’Allemagne de l’ouest qui ont apaisé ses financiers en la renflouant…</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, la <em>skyline</em> de New York ou d’autres capitales mondiales témoigne outrageusement par ses gratte-ciel des appétits financiers : <em>« il apparaît de manière très évidente que des booms immobiliers ont précédé chacune des crises de 1929, 1973, 1987 et 2000 »</em> (p.54). Les sociétés financières stimulent à tout prix le marché immobilier et les plus grands monuments de celui-ci, leurs icones démesurées, tel l’Empire State building ou les nouvelles tours de Ground Zero, sont souvent livrés en pleine récession. Ce sont là des <a href="http://issuu.com/studio_magazine/docs/studiomagazine01" target="_blank">architectures de la crise</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/East-side—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5162]"><img class="alignleft size-full wp-image-5170" title="East side—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/East-side—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="374" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le mécanisme de la titrisation des prêts immobiliers et la création du second marché hypothécaire place la ville contemporaine dans une situation comparable au Paris de l’haussmannisation, placé dans les mains des frères Pereire, mais à une échelle inouïe aujourd’hui. L’indice <a href="http://www.calculatedriskblog.com/2012/01/case-shiller-house-prices-fall-to-new.html" target="_blank">Case-Shiller</a> sur l’immobilier américain fait apparaître des courbes spectaculaires qui sont l’exact pendant des idéalités mathématiques sur lesquelles se sont bâties des fortunes.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon un rapport de la Banque mondiale de 2009, les marchés hypothécaires résidentiels <em>« présentent à présent plus de 40% du produit intérieur brut (PIB) des pays développés »</em>. 70% de propriétaires aux Etats-Unis au niveau le plus haut (2004) : cela laisse songeur sur les capacités du marché à inventer des incitations à la construction avec la complicité de l’État (Fannie Mae et Freddie Mac sont des produits du gouvernement fédéral). Comme le disait <a href="http://www.journaldumauss.net/spip.php?article870" target="_blank">Karl Polanyi</a>, la société de marché vit sur l’illusion de l’autorégulation, alors que toutes les relations économiques sont toujours institutionnellement « encastrées ». Le résultat est connu :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Avant la crise, il était estimé que la population Africaine-Américaine à faibles revenus des Etats-Unis avait perdu entre 71 milliards et 93 milliards en valeurs d’actifs du fait des <a href="http://m.ammoth.us/blog/2012/02/schafran-on-race-and-foreclosure/" target="_blank">pratiques prédatrices</a> associées aux subprimes »</em> (p.73).</p>
<p style="text-align: justify;">La triste <a href="http://www.retronaut.co/2012/02/the-scotlands-wolverhampton-1973-1974/" target="_blank">périphérie de Birmingham</a> dans les années de la récession de 1970, le cinglant constat du <a href="http://www.fondation-abbe-pierre.fr/publications.php?filtre=publication_rml" target="_blank">mal-logement</a> et de la progression de l’inhabitable en France aujourd’hui… Et puis le nombre de sans domicile fixe <a href="http://globalsociology.com/2012/02/05/re-embedding-the-greek-crisis/" target="_blank">en Grèce</a> qui fait un bond d’environ <a href="http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/02/04/la-grece-tragique-et-ottomane-expliquee-lallemagne-lutherienne-229050" target="_blank">25%</a> depuis 2009… Les « Shrinking cities » comme <a href="http://landscapeandurbanism.blogspot.com/2012/02/shrinking-cities-sugrue-part-i-arsenal.html" target="_blank">Détroit</a> ou <a href="http://www.thefiscaltimes.com/Articles/2011/07/21/The-5-Worst-Places-to-Retire-in-the-US.aspx#page1" target="_blank">Phoenix</a>… Tous ces phénomènes sont symptomatiques du mouvement cyclique des investissements que les politiques keynésiennes ne parviennent pas à atténuer.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/THE-SCOTLANDS_1973-1974—©George-Foster.jpg" rel="lightbox[5162]"><img class="alignleft size-full wp-image-5171" title="THE SCOTLANDS_1973-1974—©George Foster" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/THE-SCOTLANDS_1973-1974—©George-Foster.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La titrisation est une véritable « construction fétiche » du capitalisme, une magnifique aubaine de génération de capital fictif qui entraine le foncier dans une spirale spéculative (chaîne de Ponzi). Comme l’urbanisation marque des durées de vie, un taux de renouvellement  et des temps longs d’amortissement des investissements, elle absorbe idéalement la suraccumulation de capital. Avec <a href="http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.com/2012/01/harvey-lurbanisation-du-capital.html" target="_blank">l’urbanisation du capital</a>, les stratégies d’oligopoles, la concentration financière et la maîtrise des flux de marchandises arbitrent entre les géographies du capital ; elles font des inégalités spatiales un nouvel instrument de « rente différentielle » par et dans l’espace (Roger Brunet).</p>
<p style="text-align: justify;">Vous le savez sans doute, environ 50% du béton de la planète est coulé en Chine depuis une décennie. L’urbanisation de la Chine et de quelques mégapoles est donc un facteur de stabilité relative du capitalisme financier. Des paysages urbains étranges <a href="http://www.laurencebonvin.com/pf_tryptique1.html" target="_blank">aux allures de mirages</a> sont inventés par la dette. Les liens croisés entre l’urbanisation, l’accumulation de capital sur le foncier et les banques centrales, les financiers, le développement du marché hypothécaire sont d’échelle mondiale, de Hong Kong à Dubaï en passant par <a href="http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00666491" target="_blank">Londres et sa City</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Detroit-decline—100-Abandoned-Houses-project.jpg" rel="lightbox[5162]"><img class="alignleft size-full wp-image-5172" title="Detroit decline—100 Abandoned Houses project" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Detroit-decline—100-Abandoned-Houses-project.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Or, la continuation de la guerre des classes s’éprouve dans d’autres médiations, au premier chef desquelles la culture. Ici encore, la ville est un bon témoin. Avec l’urbanisation conduite par l’écoulement du surproduit se répand un même « style de vie » de l’individualisme possessif, fait de centres commerciaux en périphérie, de multiplexes, d’un centre-ville <a href="http://www.hypergeo.eu/spip.php?article497" target="_blank">gentrifié</a>, colonisé de boulangeries et magasins apaisés <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/08/DUTEURTRE/20872" target="_blank">où les touristes parlent globish</a>. La circulation des biens est codéterminée par la circulation du capital monétaire et du capital productif (<a href="http://davidharvey.org/2012/02/reading-marxs-capital-vol-2-class-02/" target="_blank">Livre II</a> du <em>Capital</em>). <em>« La civilisation actuelle confère à tout un air de ressemblance »</em>, disait <a href="http://reseaudurandal.hautetfort.com/archive/2008/01/02/architecture-suburbia.html" target="_blank">Adorno</a> à propos de la culture, ajoutant :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Mais les projets d’urbanisme qui, dans de petits logements hygiéniques, devraient assurer la pérennité de l’individu comme être indépendant, le soumettent d’autant plus totalement au pouvoir absolu du capital qui est en fait son ennemi. De même que les habitants sont expédiés dans les centres des villes pour y travailler et s’y divertir en tant que producteurs et consommateurs, de même les cellules d’habitation s’agglomèrent en complexes bien organisés. L’unité évidente entre macrocosme et microcosme présente aux hommes le modèle de leur civilisation : la fausse identité du général et du particulier. Sous le poids des monopoles, toute civilisation de masse est identique et l’ossature de son squelette conceptuel fabriqué par ce modèle commence à paraître. »</em> (Adorno et Horkeimer, <em>La dialectique de la raison</em>, ouverture du chapitre « La production industrielle de biens culturels »)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Junkyard—©Marius-Wolfram.jpg" rel="lightbox[5162]"><img class="alignleft size-full wp-image-5173" title="Junkyard—©Marius Wolfram" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Junkyard—©Marius-Wolfram.jpg" alt="" width="635" height="265" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les masses urbaines ont considérablement perdu de leur « droit à la ville » (Henri Lefebvre) par ce processus global de prédation et de formatage, et il ne s’agit pas seulement de l’immense flot de <a href="http://www.la-grange.net/2012/01/02/bangkok" target="_blank">bidonvilles</a> et de marginaux, ou bien des <em>gated communities</em> qui fleurissent (à <a href="http://www.arquitecturacritica.com.ar/2012/02/hacer-ciudad-es-nuestro-desafio-martin.html" target="_blank">Buenos Aires</a>, elles représentent 40.000 ha au regard des 20.000 ha pour la ville elle-même), ni même des <a href="http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.com/2012/02/arundhati-roy-la-face-obscure-du.html" target="_blank">féodalités renouvelées</a> qui sont un miroir grossissant de notre malaise quant à l’espace urbain. On ne peut oublier qu’il y a des vies derrières les fenêtres et qu’il y a cet habiter primitif qui nous lie intimement à <a href="http://cargocollective.com/habitees/" target="_blank">ces blocs de béton</a> aujourd’hui croulants.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que dénonce Harvey face à cette réalité anthropologique, c’est le quasi nul contrôle d’instances démocratiques sur l’utilisation du surproduit dans l’urbanisation. La lutte pour ce pouvoir de contrôle serait, selon Harvey, le premier objet d’une volonté d’émancipation collective : c’est l’urbain et plus le travailleur ouvrier qui est le porteur de l’aspiration à davantage d’égalité.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« L’urbanisation est elle-même produite. Des milliers de travailleurs sont impliqués dans sa production et leur travail produit de la valeur et de la plus-value. Pourquoi ne pas reconceptualiser la ville comme site de production de la plus-value, plutôt que l’usine ? »</em> (p.86)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Habitées—©Cargocollective.jpg" rel="lightbox[5162]"><img class="alignleft size-full wp-image-5174" title="Habité(e)(s)—©cargocollective" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Habitées—©Cargocollective.jpg" alt="" width="635" height="242" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’emprunt de ces thèses à <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/H.-Lefebvre.pdf" target="_blank">Henri Lefebvre</a> n’est pas exempt des limitations que me semble comporter l’usage hypostasié de notions telles que « rue » ou « quartier », comme si « la rue » avait naturellement une « voix » ou un cri… La « transformation de la vie quotidienne urbaine », c’est tout le problème, doit émerger d’un monde fluide et désorganisé. Faire basculer nos chances de transformation sur des constructions « hétérotopes », à savoir des <a href="http://lemagazine.jeudepaume.org/2012/01/ariella-azoulay-%C2%AB%C2%A0un-etat-d%E2%80%99urgence-civile%C2%A0%C2%BB/" target="_blank">espaces sociaux « alternatifs »</a>, est hasardeux. Les places de ralliement démocratique avec leur terrible magnétisme plutôt que les <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5404-quand_la_ville_resiste.htm" target="_blank">bonus plazzas</a></em> des promoteurs ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a une tension entre l’isotopie du pouvoir capitaliste imprimé dans l’espace rationnalisé, et l’hétérotopie des pratiques urbaines, qui sont désireuses d’utopie et revendiquent un « droit à la ville ». Pour <a href="http://thefunambulist.net/2012/02/02/architectural-theories-open-letter-to-mr-patrick-schumacher-yes-architects-are-legitimized-and-competents-to-address-the-political-debate/" target="_blank">certains architectes</a> contemporains il faut donc absolument réintroduire du jeu politique dans la logique du bâti, afin que nous n’ayons pas cette drôle d’impression d’habiter <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Fu2k_IbQ1zw&amp;feature=share" target="_blank">Mouseland</a>, et d’avoir pour seul choix politique celui entre les entrées rondes et les entrées carrées.</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi de plus urgent alors que de repenser la fabrique de la ville pour défendre les droits et libertés des hommes ? « En faisant la ville, l’homme s’est refait lui-même » estimait <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_E._Park" target="_blank">Robert Park</a>, le fondateur de l’École de Chicago. La notion d’un « droit à la ville » ne se résume pas à la doctrine de l’<em>homo </em><em>œconomicus</em>, aux seuls termes de l’accès aux ressources.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Revendiquer un droit à la ville tel que je l’entends ici, c’est prétendre à un pouvoir de façonnement fondamental et radical sur les processus d’urbanisation »</em> (p.9).</p>
<p style="text-align: justify;">David Harvey a le mérite incontestable d’amener la pensée critique à s’énoncer à nouveau dans l’arène de discussion contemporaine sur les biens fondamentaux et les droits collectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe width="640" height="360" src="http://www.youtube.com/embed/Fu2k_IbQ1zw?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; Pas de chronique mardi prochain en raison de la préparation de la sortie imminente du <strong><em>Shanghai Nø City Guide</em></strong> (merci de nous soutenir <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/ecrire/shanghai/">en l’achetant</a>). Et puis suivez aussi <em>Urbain, trop urbain</em> sur <a href="https://twitter.com/urbain_" target="_blank">Twitter</a> et essayez de deviner ce que sera le prochain <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/miroirs/" target="_blank">miroir</a> de la ville !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>———————————————————————————</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a name="note1"></a><strong><em>Le capitalisme contre le droit à la ville. Néolibéralisme, urbanisation, résistances</em></strong></em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Harvey" target="_blank">David Harvey</a></p>
<p style="text-align: center;">Date de parution : 24/08/2011</p>
<p style="text-align: center;">Éditions Amsterdam, Hors collection</p>
<p style="text-align: center;">96 pages — 7,50 € TTC</p>
<p style="text-align: center;"><em>Et si vous achetiez cet ouvrage chez un libraire ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.ombres-blanches.fr/" target="_blank">Ombres blanches</a>, <a href="http://www.librest.com/librairies/le-genre-urbain.html" target="_blank">Le Genre urbain</a>, <a href="http://www.mollat.com/" target="_blank">Mollat</a>, <a href="http://www.decitre.fr/" target="_blank">Decitre</a> (liste non exclusive).</em></p>
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		<title>Marseille L2 tour</title>
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		<comments>http://www.urbain-trop-urbain.fr/marseille-l2-tour/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 19:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karine Maussiere</dc:creator>
				<category><![CDATA[LECTURE URBAINE]]></category>
		<category><![CDATA[banlieue]]></category>
		<category><![CDATA[chantier]]></category>
		<category><![CDATA[marche]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[paysage]]></category>

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		<description><![CDATA[La deuxième rocade de Marseille, ou L2, est un ensemble de voies autoroutières, nationales et communautaires (dont certaines classées en voie express). En service, en construction ou en projet, elle contournera Marseille depuis l’A55 jusqu’à la Pointe Rouge. Paysages contemporains où tiers paysage rime avec terrain en devenir...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="color: #888888;">La deuxième rocade de Marseille, ou L2, est un ensemble de voies autoroutières, nationales et communautaires (dont certaines classées en <a href="http://routes.wikia.com/wiki/Voie_express" target="_blank">voie express</a>). En service, en construction ou en projet, elle contournera Marseille depuis l’<a href="http://routes.wikia.com/wiki/Autoroute_fran%C3%A7aise_A55" target="_blank">A55</a> jusqu’à la Pointe Rouge.</span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Sur-la-L2-—-©Karine-Maussière1.jpg" rel="lightbox[5124]"><img class="alignleft size-full wp-image-5150" title="Sur-la-L2-—-©Karine-Maussière" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Sur-la-L2-—-©Karine-Maussière1.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 2002, je m’installe à Saint Marcel, dans le 11<sup>ème</sup>. Tout près, deux lignes comme deux terrains jeux s’offrent à moi : l’Huveaune et la L2. Paysages contemporains où tiers paysage rime avec terrain en devenir. Je pose un regard particulier sur ces territoires, l’idée du « devenir » de Gilles Deleuze joue un rôle important. Les espaces qui m’intéressent tentent de <em>devenir</em> des Zones d’Autonomie Temporaire (Hakim Bey), ou encore participent au « jardin planétaire » de Gilles Clément&#8230; Je m’y perds, crée des chemins de traverse lors de petites randonnées urbaines et fais des photographies de « perception fugitive » : en marche, en train, en voiture&#8230; avec une certaine disponibilité à l’émotion.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2011, je rencontre l’équipe d’<a title="Le site de l'Art cade" href="http://art-cade.net/art-cade/" target="_blank">Art cade</a> qui me propose de mettre en place des balades urbaines sur ces lignes. Tout en évoquant ma pratique, j’explore différentes façons de la partager. Cette année là, nous sommes partis les pieds dans l’eau pour une découverte de l’Huveaune, en 2012, nous posons un regard sur la <a title="Point de départ de la balade." href="http://g.co/maps/rt8gw" target="_blank">L2</a> visible et invisible&#8230; et ce, pour une autre histoire, ci-dessous racontée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><embed type="application/x-shockwave-flash" src="https://picasaweb.google.com/s/c/bin/slideshow.swf" width="640" height="460" flashvars="host=picasaweb.google.com&#038;captions=1&#038;hl=fr&#038;feat=flashalbum&#038;RGB=0xFFFFFF&#038;feed=https%3A%2F%2Fpicasaweb.google.com%2Fdata%2Ffeed%2Fapi%2Fuser%2Fkalucine%2Falbumid%2F5706324241548197617%3Falt%3Drss%26kind%3Dphoto%26authkey%3DGv1sRgCIHx2aPIufbBKQ%26hl%3Dfr" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"></embed></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>***</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>NDLR :</strong> Karine Maussière est une artiste visuelle utilisant principalement la photographie et la vidéo. D’esprit nomade, elle est amoureuse du voyage à plusieurs échelles, qui se pratique sur des territoires familiers, banals ou dénués d’exotisme. Ses travaux mêlent naturel et technicité, paysage bucolique et paysage urbain, toujours dans une poétique du déplacement. Exposée dans le sud, sa prochaine expositio<em>n <a href="http://lesimagesvoyageuses.blogspot.com/" target="_blank">Les Images Voyageuses</a></em> aura lieu à la Galerie Satellite Paris 11, du 24 mars au 21 avril.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous devez consulter ses <a href="http://karinemaussiere.blogspot.com" target="_blank">sites</a> <a href="http://kalucine.blogspot.com" target="_blank">Internet</a>… et vous découvrirez bientôt ses créations vidéo dans <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/ecrire/shanghai/">Shanghai Nø City Guide</a> !</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Miroirs de la ville #5 Dans quels mondes vivons-nous?</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 07:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Duperrex</dc:creator>
				<category><![CDATA[POST-IT URBAIN]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Aurélien Barrau]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Luc Nancy]]></category>
		<category><![CDATA[miroirs]]></category>
		<category><![CDATA[monde]]></category>
		<category><![CDATA[ordre]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Quel sens donner au monde? Du cosmos ordonné et un, l’image se fracture irrémédiablement. L’architecture, l’agencement des rapports de contact entre les êtres? Usés et révolus. Ce qui signifie rien moins que d’abandonner l’essence au multiple des formes sans chercher à l’ordonner. Quels sont les mondes possibles de l'architecture? ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #888888;">Le mardi matin, <em>Urbain, trop urbain</em> promène un livre le long du Web. Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur <em><a href="http://twitter.com/urbain_" target="_blank">TWITTER</a></em>, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ?</span></span></h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>&gt; Miroir à partir de <strong>Aurélien Barrau et Jean-Luc Nancy, <em>Dans quels mondes vivons-nous ?</em> (Éditions Galilée, 2011)</strong>.<a href="#note1">*</a></strong></p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Earth-Apollo-8.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5103" title="Earth Apollo 8" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Earth-Apollo-8.jpg" alt="" width="635" height="325" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Quel sens donner au monde ? Question plus philosophique que scientifique sans doute. Quoique… le développement des sciences donne en la matière l’occasion de déploiement de nouvelles allégories et quêtes du sens. Comme si la pensée scientifique ne s’opposait pas à la pensée mythique. En tout cas, du <em>cosmos</em> ordonné et un, l’image se fracture irrémédiablement. Sans quitter notre Terre, si <a href="http://culturevisuelle.org/icones/2296" target="_blank">tardivement</a> attestée comme <em>une</em> par l’expérience sensible, de l’univers, il faut accéder à la représentation inouïe de <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Aurélien-Barrau_Multivers_lpsc.pdf" target="_blank">multivers</a> et renverser, de façon résolue, le couple <em>ordre</em> \ <em>un</em>. Avec Aurélien Barreau et Jean-Luc Nancy, cosmologie et métaphysique unissent leurs concepts à cette exploration d’une faille dans l’Un de l’univers qui devient pro-position de mondes, au pluriel.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est inévitable. La question du sens démultipliée par la pluralité des mondes infléchira en retour la position du sujet qui interroge : la subjectivité est un <em>effet</em> du monde, et pas sa garantie ultime, comme dans la philosophie héritée de Descartes, même ébranlée par <a href="http://lespasperdus.blogspot.com/2012/01/linquietude-detre-au-monde.html" target="_blank">l’inquiétude pascalienne</a>. Pas de <a href="http://5000k.wordpress.com/2012/02/01/ce-qui-reste-avec-james-reeve/" target="_blank">nuit étoilée</a> pour réverbérer la morale en moi. C’est-à-dire que le sujet ouvre aussi un écart en lui-même : il n’est pas <em>un</em> mais <em>plus</em> <em>d’un </em>à son tour. De l’un et de sa constitution, les deux auteurs écrivent ici, se répondant, l’un après l’autre : c’est un chiasme plutôt qu’une écriture conjointe.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lightscape—©James-Reeves.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5104" title="Lightscape—©James Reeves" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lightscape—©James-Reeves.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">« Plus d’un » au sens comptable veut dire qu’il y a de l’excès, un jeu de dépassement de l’unité à ce qui la dépasse, l’agrège et la met en série. La population du genre humain, qu’est-ce d’autre qu’une multitude d’une même juridiction, l’humanité ? Nous vivons ce « plus d’un » de la croissance de notre espèce, du recouvrement numérique du monde, démultiplié en force par l’entreprise/emprise technique. Le « plus d’un » comme hégémonie, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais en deçà du comptable, du numérique, de l’un s’ajoutant à l’un indéfiniment, il n’y a pas que l’addition ; il y a le rythme, la pulsation : <em>« “Un”, peut-être, serait affaire de rythme et non de compte, et non de nombre du rythme — 3, 4, etc. — mais de mouvement, d’allure, d’allant et de pulsation. »</em> (p.33). Cette notion d’allure et de pulsation, qu’on retrouve chez Deleuze, porte la question de l’<em>individuation</em> : qu’est-ce qui sonne comme <em>un </em>être dans cette procession de l’Un ? C’est l’un en tant qu’il sort du nombre qui révèle le monde. <a href="http://www.urbanisme.fr/issue/guest.php?code=342" target="_blank">Ailleurs</a>, Jean-Luc Nancy déclare trouver <em>« que l’on comprend bien le sens du mot “monde” si on pense à ce que l’on dit quand on parle du “monde de Proust” ou du “monde de Le Corbusier” : c’est une totalité, mais pas au sens de fermé, de clos, à l’intérieur de laquelle certaines valeurs de significations circulent. Au premier coup d’œil, on va reconnaître un croquis de Le Corbusier ou un tableau du Caravage, on ne va pas penser à Wright ou à Raphaël. C’est cela un monde, on pourrait dire que c’est un style, une manière. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Computer-City-Project—Archigram.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5105" title="Computer City Project—Archigram" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Computer-City-Project—Archigram.jpg" alt="" width="635" height="390" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans <em>La ville au loin</em>, Jean-Luc Nancy écrit encore que la ville est développement incessant de son unité originaire comme <em>civilisation </em>: elle est <em>« tout autre chose que l’invention technique d’un certain type d’organisation de l’habitat, du commerce et de l’administration. Elle est véritablement l’invention du mode infini de circulation du sens. »</em> (p.113) Signes, machines, nature naturante et prolifération de finalités : il y aurait toujours un élan, une visée ou une histoire pour un être, même si « Dieu est mort », comme l’a clamé Nietzsche. Cet élan, c’est une poussée dehors, comme la <a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/diff%C3%A9rance" target="_blank">différ<em>a</em>nce</a> de Derrida.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« S’il y a une unité du monde, ou plus exactement si le “monde” peut être pensé comme l’unité non numérisable de l’être, de cet être compris comme singularité rythmique et selon cette “essence ternaire” de l’infini dont parlait Derrida, il faut qu’elle soit de cet ordre de la profusion des espèces, des aspects et des manières de l’existant, de la poussée prolifique des vivants et de cette autre prolifération qui est celle de <a href="http://www.mudam.lu/fr/expositions/details/exposition/mondes-inventes-mondes-habites/" target="_blank">nos machines</a>, appareils, engins, instruments, moteurs, organes greffés, transorganiques, <a href="http://www.internetactu.net/2012/01/31/images-du-corps-interface/" target="_blank">virtuels</a>, fiduciaires, fictifs. »</em> (p.39)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/SPICULATION—©Léopold-Lambert.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5106" title="SPICULATION—©Léopold Lambert" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/SPICULATION—©Léopold-Lambert.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans la querelle du sens, et notamment dans la philosophie analytique, une pluralité des mondes est admise, il y a du « plus d’un » (mondes possibles de Lewis, mondes construits de Goodman). Une dynamique de différenciation et d’hétérogénéité éclate l’unité du monde. <em>« Le capitalisme constitue l’exposition en valeur de l’infinité proliférante des fins et du sens dans laquelle la technique nous a introduits. »</em> (p.85).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Paris-rangé-©-Armelle-Caron.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignright size-full wp-image-5107" title="Paris rangé © Armelle Caron" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Paris-rangé-©-Armelle-Caron.jpg" alt="" width="294" height="239" /></a>L’art dit quelque chose de cet éclatement par la diversité de ses pratiques ou « manières de faire des mondes ». On passe « de l’endo-sensation à l’exo-sensation » comme l’écrivaient Deleuze et Guattari à propos de Matisse <a href="http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=MULT_020_0033" target="_blank">quittant la peinture de chevalet</a>. Jusqu’à récemment (est-ce fini ?), seule la science avait répugné à cet éclatement, toujours à la recherche d’une théorie « unifiée ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce jeu de l’Un oscille donc entre répétition et différenciation, nombre et rythme, signification et pratique. Jean-luc Nancy en déduit le jointoiement tout particulier que désigne le monde entre les deux régimes de la construction (jeu des fins et du sens) et de la <a href="http://www.olschinsky.at/" target="_blank">déconstruction</a> (jeu des fins déroutées de leur sens comme moyens).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« L’automobile a engendré l’autoroute qui a engendré de nouveaux modes et de nouvelles normes de déplacement. Elle est aussi en train de mettre la ville devant la nécessité de réinventer à la fois ses moyens de transport (<a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/miroirs-de-la-ville-4-le-coeur-d%E2%80%99une-ville%E2%80%A6-helas/">tram</a>, etc.) et, à terme, ses finalités mêmes de “ville”. »</em> (p.83)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Cities-ll—©Atelier-Olschinsky.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5108" title="Cities-ll—©Atelier-Olschinsky" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Cities-ll—©Atelier-Olschinsky.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Comment ne pas ruiner alors la structure de rapports qu’on nous a léguée ? Le <em>cosmos</em> de la composition et des fins offrait une architecture <a href="https://docs.google.com/viewer?a=v&amp;q=cache:uxHE3T1e0M0J:citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi%3D10.1.1.85.5446%26rep%3Drep1%26type%3Dpdf+architecture+order+chaos&amp;hl=fr&amp;pid=bl&amp;srcid=ADGEESiQZ6njwzQQABK5Y6bpWtZmJpBg9knkKwpiEDOftEUcMHSSTruipWN8daiwchI9fnLghh5KhPzYeHwSWOJRcBuLooSIhWJpNY6IYqzthakGBQ2P7-P1uz0gWtpP4Px0i9ce2rWE&amp;sig=AHIEtbQsB0pfgF7OJkSy6V6WB2IAl9KFMw&amp;pli=1" target="_blank">géométrique</a> et un agencement de paradigmes (<a href="http://agora.qc.ca/Documents/Architecture--Origines_des_trois_ordres_classiques_par_Vitruve" target="_blank">les ordres</a> de Vitruve) au travers de constructions. L’ordre leibnizien, <a href="http://fkaplan.wordpress.com/2012/01/31/stephen-wolfram-contre-larry-page-cest-leibniz-contre-dalembert/" target="_blank">inspirateur</a> de la cybernétique, absorbait et subsumait le chaos comme étant en fait une multitude d’ordres mineurs, de sorte que l’ordre était un « ordre-miroir », indéfiniment réfléchi à des échelles d’existence différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais un détour par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropoc%C3%A8ne" target="_blank">l’anthropocène</a> nous convainc de la faillite de cette conception. L’urbanisation a entrainé la mobilisation effrénée de ressources énergétiques nécessaires à l’édification : l’ordre génère l’entropie ; et c’est peut-être anecdotique, mais la manifestation concrète de ce phénomène à la surface du monde habité coïncide avec l’énoncé des lois de la thermodynamique et avec la mise en question philosophique de l’ontologie… Tout référentiel unitaire saute ou du moins est en crise.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/O-neil-cylinder.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5109" title="O-neil cylinder" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/O-neil-cylinder.jpg" alt="" width="635" height="460" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le philosophe Sloterdijk propose en conséquence une « écumisation » du monde. Le monde devient morphologiquement apparenté à <a href="http://www.espacestemps.net/document.php?id=8820" target="_blank">l’écume</a>. <em>« Vivre dans les temps modernes, c’est payer <a href="http://dpea-archi.philo.over-blog.com/article-bulles-peter-sloterdijk-60467283.html" target="_blank">le prix</a> de l’absence d’enveloppe »</em>, car toute échelle de pensée globale se rapportant <em>in fine</em> à un cercle autoréférenciel et <em>un</em>, seule l’écumisation du monde (l’explosion des sphères) constitue une parade à l’uniformisation conceptuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Par-delà construction et destruction, qui s’engendrent dans le régime du monde <em>un</em>, la philosophie de Jean-Luc Nancy invite pour sa part à explorer le concept de « struction », qui est moins de l’ordre de l’organisation que de l’entassement, de la contiguïté sans coordination. L’architecture, <a href="http://andreasangelidakis.blogspot.com/2012/01/collage-career-of-stanley-tigerman.html" target="_blank">l’agencement</a> des rapports de contact entre les êtres ? Usés et révolus. Ce qui signifie rien moins que d’abandonner l’essence au multiple des formes sans chercher à l’ordonner (quelque chose d’une politique commence-t-il à s’énoncer ?). Quels sont les <a href="http://thefunambulist.net/2011/11/15/guest-writers-essays-15-the-possible-worlds-of-architecture-by-claire-jamieson/" target="_blank">mondes</a> <a href="http://thefunambulist.net/2011/09/22/deleuze-the-two-architectures-of-the-infinite-possible-worlds-leibnizs-pyramid-borges-garden-of-forking-paths/" target="_blank">possibles</a> de l&#8217;architecture ? L&#8217;art du « Nothingness » de <a href="http://dprbcn.wordpress.com/2011/07/01/zizek-house/" target="_blank">Slavoj Žižek</a> décliné en architectures singulières de retrait du monde, ou le nomadisme fuyant la mégapole de la <a href="http://www.cles.com/entretiens/article/dernieres-nouvelles-des-mondes" target="_blank">géopoétique</a> ?</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Alors que le paradigme avait été architectural, et par conséquent aussi, de façon plus métaphysique, architectonique, il est devenu d’abord structural — composition, certes, assemblage, mais sans finalité constructive — puis structionnel, c’est-à-dire relatif à un assemblage labile, désordonné, agrégé ou <a href="http://www.archicool.com/expos/spiculation/001.shtml" target="_blank">amalgamé</a> plutôt que conjoint, réuni, assorti ou associé. »</em> (p.90)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Nothingness.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5110" title="Nothingness" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Nothingness.jpg" alt="" width="635" height="460" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Monde sous cloche, conservatoire, de l’<a href="http://www.edenproject.com/" target="_blank">Eden project</a> de Nicolas Grimshaw &amp; Partners, ou de la <a href="http://www.theatlanticcities.com/design/2012/01/nasas-groovy-concept-art-orbiting-cities-future/1085/" target="_blank">Nasa</a>… Dystopies de <a href="http://nuevomundo.revues.org/2485" target="_blank">Coruscant</a> ou du <a href="http://starwarsmodern.blogspot.com/2011/12/looking-at-modernism-with-david-brin-6.html" target="_blank">modernisme</a>… D’<a href="http://www.arcosanti.org/" target="_blank">Arcosanti</a>, le rêve debout de Paolo Soleri, aux fantasmes de papier d’<a href="http://archigram.westminster.ac.uk/" target="_blank">Archigram</a> : <a href="http://www.habiter-autrement.org/03_utopies/ut_ca.htm" target="_blank">utopies</a> et <a href="http://temporalites.revues.org/1406" target="_blank">anti-utopies</a> se disputent les mondes possibles. Mais ce sont encore des engendrements métaphoriques de l’Un.</p>
<p style="text-align: justify;">L’amoncellement des parties, des zones, des clusters, des territoires produit au contraire un monde d’une <a href="http://bourbakisme.blogspot.com/2012/01/le-pli.html" target="_blank">plasticité</a> étonnante, soumis à une grande diversité de <a href="http://lieuxdesavoir.hypotheses.org/918" target="_blank">savoirs</a>, une masse dont on répugne définitivement à la penser sous <em>un</em> seul angle. La pluralité de ces éléments — qui sont complexes et forment en eux-mêmes des <a href="http://www.mesologiques.com/2010/12/aux-commencements-du-milieu-historique.html" target="_blank">milieux</a> — n’entre pas dans une construction unitaire, mais bien davantage dans <em>« une espèce de création continue où se renouvelle et se relance incessamment la <a href="http://www.erudit.org/culture/espace1041666/espace1049998/9166ac.html?vue=resume" target="_blank">possibilité</a> même du monde »</em> (p.95).</p>
<p style="text-align: justify;">Il est bon de se souvenir de la pluralité des mondes vécus et perçus que nous ont enseignés les éthologues. Nos écologies et nos économies, au pluriel, relèvent d’une <em>écotechnie.</em> S’y renégocient les ressources et les milieux : allons vers <a href="http://leportique.revues.org/index2471.html" target="_blank">une architecture de mille milieux</a>, s’il faut conserver le terme d’architecture. On ne peut, enfin, référer ces régimes du monde à un dessein intelligent : à nous de réinventer des finalités, du sens.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Wang-Shu.jpg" rel="lightbox[5096]"><img class="alignleft size-full wp-image-5111" title="Wang Shu" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/02/Wang-Shu.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La politique réduite au « maintient de l’ordre » dit assez la nécessité de <em>« sortir du tout-normé, <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/la-ville-rangee-est-sans-langage/" target="_blank">tout-rangé</a>, tout-réglé, tout-structuré, tout-aligné. Sortir qui ne serait pas pensé comme déchéance ou démission, mais comme abondance et ambition. »</em> (p.145). L’architecture est dépassée par une « archi-écriture du chaos » (p.149).</p>
<p style="text-align: justify;">Chez Steven Holl, architecte maître de la lumière, la <a href="http://www.archdaily.com/201033/flashback-sarphatistraat-offices-steven-holl-architects/" target="_blank">porosité</a> (et donc le vide) devient une nouvelle surface de contact, qui agence en profondeur les blocs de matière. <a href="http://www.urbain-trop-urbain.net/tagged/Wang-Shu" target="_blank">Wang Shu</a> transforme le <a href="http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_2801" target="_blank">chantier de démolition</a> en outil d’apprentissage et de construction d’une architecture mieux reconnaissante de la <a href="http://www.domusweb.it/en/architecture/wang-shu-s-time-machine/" target="_blank">longue durée</a> des cultures.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce chaos qui peut devenir danse des formes, le disent également et la glaise meuble et protéiforme des mythologies primitives de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=gobHcZ6URWM" target="_blank">Miquel Barceló</a>, et la croute fissurée de signes des toiles de sable irréductible d’Antoni Tàpies qui retourne à la terre, voici à peine hier.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe width="640" height="480" src="http://www.youtube.com/embed/gobHcZ6URWM?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; Ce livre m’a été conseillé (imposé ?) par <a href="https://twitter.com/repeatagain" target="_blank">repeatagain</a> sur Twitter. Suivez vous aussi <em>Urbain, trop urbain</em> sur <a href="https://twitter.com/urbain_" target="_blank">Twitter</a> et essayez de deviner ce que sera le prochain <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/miroirs/" target="_blank">miroir</a> de la ville !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>———————————————————————————</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a name="note1"></a><strong><em><strong><em><strong><em><strong><em>Dans quels mondes vivons-nous ?</em></strong></em></strong></em></strong></em></strong></em></strong></p>
<p style="text-align: center;">Aurélien Barrau et Jean-Luc Nancy</p>
<p style="text-align: center;">Date de parution : 22/09/2011</p>
<p style="text-align: center;">Éditions Galilée, collection « La philosophie en effet »</p>
<p style="text-align: center;">152 pages — 26 € TTC</p>
<p style="text-align: center;"><em>Et si vous achetiez cet ouvrage chez un libraire ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.ombres-blanches.fr/" target="_blank">Ombres blanches</a>, <a href="http://www.librest.com/librairies/le-genre-urbain.html" target="_blank">Le Genre urbain</a>, <a href="http://www.mollat.com/" target="_blank">Mollat</a>, <a href="http://www.decitre.fr/" target="_blank">Decitre</a> (liste non exclusive).</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Miroirs de la ville #4 Le cœur d’une ville… hélas !</title>
		<link>http://www.urbain-trop-urbain.fr/miroirs-de-la-ville-4-le-coeur-d%e2%80%99une-ville%e2%80%a6-helas/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 07:55:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Duperrex</dc:creator>
				<category><![CDATA[POST-IT URBAIN]]></category>
		<category><![CDATA[biopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marc Sérékian]]></category>
		<category><![CDATA[miroirs]]></category>
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		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Avec une lecture à sens unique du «développement», les élus sont souvent obnubilés par le «rayonnement» de leur ville et leur place dans des classements qui entretiennent savamment le marketing urbain. Or, le tramway moderne — pas celui qu’on voit cahoter dans des villes qui ne l’ont jamais abandonné, mais l’engin métaphorique par excellence de la «glisse» urbaine et de l’injonction à la mobilité —, lui au moins, comble cette attente.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #888888;">Le mardi matin, <em>Urbain, trop urbain</em> promène un livre le long du Web. Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur <em><a href="http://twitter.com/urbain_" target="_blank">TWITTER</a></em>, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ?</span></span></h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>&gt; Miroir à partir de <strong>Jean-Marc Sérékian, <em>Le cœur d’une ville… hélas ! Chronique d’une privatisation de l’espace public</em> (Éditions Le passager clandestin, 2011)</strong>.<a href="#note1">*</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Chris-Burden_Metropolis-II.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5072" title="Chris Burden_Metropolis II" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Chris-Burden_Metropolis-II.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La <a href="http://www.dailymotion.com/group/photographiesaloeuvre#videoId=xgj74q" target="_blank">reconstruction</a> des villes françaises, l’aménagement du territoire piloté par des agences d’État, les stratégies d’équilibre et de dotation en équipements métropolitains, le réseau ferré, le maillage des <a href="http://www.penserlespace.com/geographie-thematique/les-tuyaux-de-chantier-et-les-flutes/" target="_blank">routes et autoroutes</a> ont fabriqué une population urbaine aimant aller à la campagne le <a href="http://fan.tcm.com/_Week-End-1967-Jean-Luc-Godard-Tracking-Shot/video/1578921/66470.html" target="_blank">week-end</a>, colonisant le périurbain à mesure qu’elle s’enrichissait et qui — Ô tristesse ! — empeste aujourd’hui les villes des miasmes de ses <a href="http://www.laciudadviva.org/blogs/?p=13153" target="_blank">pots d’échappement</a>. Mais depuis que le <a href="http://cms.unige.ch/isdd/spip.php" target="_blank">développement durable</a> est devenu une religion d’État et qu’il faut lutter contre les bronchiolites des petits enfants, il s’agit de remédier à cette gangrène héritée du modernisme et de la victoire de l’individualisme possessif. En un mot : il faut trouver une alternative salutaire à « l’automobilisation généralisée » et son pendant urbain, la ville <a href="http://www.npr.org/2011/12/28/144333793/smart-decline-a-lifeline-for-zombie-subdivisions" target="_blank">diffuse</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-Toulouse—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5073" title="Tramway de Toulouse—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-Toulouse—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Alors que des <a href="http://www.plataformaarquitectura.cl/2012/01/24/la-torre-pelli-amenaza-el-patrimonio-de-la-humanidad-de-sevilla/" target="_blank">tours prétentieuses</a> continuent de pousser dans une ville libérale en crise, l’une des solutions adoptées par des édiles en panne de <a href="http://www.deuxdegres.net/?p=997" target="_blank">prospective</a> consiste à distendre la pression <a href="http://la.streetsblog.org/2012/01/13/metropolis-ii-and-the-enduring-delusions-of-car-centric-cities/" target="_blank">auto-centrique</a> grâce au développement, en soi louable, de la « mobilité durable ». C’est là qu’entre en scène le fameux tramway, sans doute une bonne alternative au début des années 1970, mais dont l’anachronisme, quand on y pense, ne laisse pas d’interroger tant il prolifère sous nos cieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette <a href="http://nebuleuses-urbaines.over-blog.fr/article-des-tramways-nommes-mode-et-modernite-56781711.html" target="_blank">mode</a> <a href="http://leblogdelaville.canalblog.com/archives/2011/10/27/22489887.html" target="_blank">galopante</a> a un coût qui justifie que la Cour des comptes s’en <a href="http://especeurbaine.jeblog.fr/les-tramways-parisiens-ne-se-sont-pas-serres-la-petite-ceinture-a1321545" target="_blank">émeuve</a> parfois : 300 millions pour 12 km à <a href="http://www.urbanews.fr/2011/06/27/14461-angers-le-tramway-est-lance" target="_blank">Angers</a>, 150 millions accordés en <a href="http://www.territorial.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/7740/TPL_CODE/TPL_HYPERBREVE_FICHE/PROV/RSSALAUNE_SIT_TERRITORIAL/803-actualite.htm" target="_blank">prêt</a> pour financer celui de Tours (investissement total de 369 millions pour 15 km). Nantes, ville à la pointe du <a href="http://vaumm.blogspot.com/2012/01/urbanismo-lento.html" target="_blank">renouveau de l’urbanisme</a>, a ouvert le bal en 1985, et ce sont <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_tramways_de_France" target="_blank">des dizaines</a> d’autres municipalités qui ont suivi. Avec une lecture à sens unique du « <a href="http://www.hypergeo.eu/spip.php?article511" target="_blank">développement</a> », les élus sont souvent obnubilés par le « rayonnement » de leur ville et leur place dans des classements qui entretiennent savamment le marketing urbain. Or, le tramway moderne — pas celui qu’on voit cahoter dans des villes qui ne l’ont jamais abandonné, mais l’engin métaphorique par excellence de la « glisse » urbaine et de <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/ROUSSEAU/20762" target="_blank">l’injonction à la mobilité</a> —, lui au moins, comble cette attente.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-Marseille—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5074" title="Tramway de Marseille—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-Marseille—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Autour du tramway, les ouvrages de <a href="http://metropoles.revues.org/4459" target="_blank">complaisance</a> sur les « zacteurs » et la « négociation » du projet urbain sont nombreux. Le caractère épique de l’implantation d’un nouveau mode de transport public séduit de nombreux <a href="http://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00650746/fr/" target="_blank">thésards</a>, malheureusement parfois dupes des fictions rétrospectives. C’est là que le petit brûlot de Jean-Marc Sérékian sur l’exemple de la ville de Tours détonne par sa radicalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Une de ses assertions paradoxales est en effet que le tramway, loin d’endiguer la voiture, vient en « consolider l’empire » : parkings de « <a href="http://www.designboom.com/weblog/cat/16/view/18815/volkswagen-parking-lot-towers-at-autostadt.html" target="_blank">dissuasion </a>» en périphérie ou en sous-sol (avec des concessions cédées aux mêmes grands groupes qui construisent le tramway), nouveaux axes de circulation dégagés, intégration optimale à la rocade… et surtout un esprit de conquête, de sécurisation et de lissage du centre-ville transformant celui-ci en galerie marchande du samedi pour les périurbains :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« À l’instar du client des magasins de cette grande marque suédoise de mobilier dont l’itinéraire est <a href="http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/339784/l-urbanisme-selon-ikea" target="_blank">fortement balisé</a>, capturant ses désirs et optimisant sa frénésie consumériste, le tramway, intégré au centre du nœud autoroutier, assure dans la ville le parcours organisé de la “méga-fête de la consommation”. Son arrivée s’impose en quelque sorte comme le petit train des parcs d’attraction, où l’on vient d’ailleurs, aussi, en voiture automobile. »</em> (pp.24-25)</p>
<p style="text-align: justify;">Confirmation, peut-être, de cette hypothèse, une toute fraîche <a href="http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&amp;jid=1250263112920&amp;cid=1250263097343" target="_blank">étude</a> du Commissariat général au développement durable confie que « plus les ménages s&#8217;éloignent du centre, plus ils semblent satisfaits de leur cadre de vie » ! Ceux qui contribuent inlassablement à <a href="http://www.imagineeringfiles.com/" target="_blank">l’imagineering</a> du centre-ville (voir ici l’article de <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/l%E2%80%99experience-univoque-du-grand-parc/">Jean Richer</a>, du site <em><a href="http://www.villefluctuante.com/" target="_blank">Ville fluctuante</a></em>) feraient bien de méditer cela.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-nostalgique-dIstanbul—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5075" title="Tramway nostalgique d'Istanbul—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-nostalgique-dIstanbul—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="460" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La <a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_2003_num_74_1_2127" target="_blank">rhétorique paysagère</a>, le vœux pieux de <a href="http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=352" target="_blank">préservation de la nature</a> et de <a href="http://www.internetactu.net/2012/01/11/jean-haentjens-vers-la-ville-frugale-on-na-pas-encore-de-futur-de-rechange-aussi-clair-que-celui-quon-abandonne" target="_blank">frugalité</a> accompagnent la plupart des projets qui se dessinent aujourd’hui en Europe. Pourtant, ce sont surtout d’innombrables « trafics d’indulgences <a href="http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00356582/fr/" target="_blank">écologiques </a>» (p.68) qui servent des intérêts bien compris mais conduisent la ville à son « encasernement technique » (p.119). Comme dans la <em>Cerisaie</em> de Tchekhov, il vaudrait mieux s’effacer avant d’entendre le son de la cognée de la « mobilité durable » <a href="http://www.youtube.com/watch?v=N6x7WF_L7CI&amp;feature=share" target="_blank">sur les arbres</a>…</p>
<p style="text-align: justify;">Mais bien souvent, les chiffres sont tronqués : sur le report modal du tramway, sur les gains réels de la mobilité durable, sur la vitesse commerciale ; ou bien ils pèchent par défaut d’analyse globale, comme sur l’amélioration de la qualité de l’air. La logique du spectacle avec sa « positivité indiscutable » (<a href="http://sami.is.free.fr/Oeuvres/debord_societe_spectacle_1.html" target="_blank">Guy Debord</a>) semble régner dans les arbitrages territoriaux qui se parent de belles intentions, d’où cette « omniprésence de l’argument écologique » qui devrait inquiéter, ne serait-ce que « par son intensité même » (p.17).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-la-Nouvelle-Orléans—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5076" title="Tramway de la Nouvelle Orléans—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-la-Nouvelle-Orléans—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Cityplanner.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignright size-full wp-image-5077" title="Cityplanner" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Cityplanner.jpg" alt="" width="221" height="161" /></a>Sérékian dénonce par exemple ce quartier HQE des <a href="http://www.2lions.fr/" target="_blank">Deux-Lions</a> à Tours (ce pourrait être en bien des endroits) : un habitat vendu comme « densifié », des hectares qui tiennent bien plutôt du parking « arboré » d’une zone commerciale, le tout paradoxalement implanté en zone inondable, d’où des terrassements dignes des grandes manœuvres, l’abattage de grands arbres et une artificialisation complète d’un site naturel.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Invariablement, la « tétrarchie » des grands chantiers s’impose dans les villes : les transnationales du BTP, des transports et de l’énergie et… les élus. Tous imaginent la ville comme « un plateau technique sur lequel les entreprises viendraient se brancher avant de se délocaliser » (<a href="http://www.institutdiderot.fr/?p=2943" target="_blank">Thierry Paquot</a>). L’aménagement du territoire ne consiste plus qu’en l’imposition de ce <em>new deal</em>, « processus de privatisation technique du territoire » (p.19) sans considération de la longue durée :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Eau, énergie, transport, communication, grande distribution, services divers, tout passe aux mains de quelques grands groupes. L’urbanisme contemporain apparaît ainsi comme la continuation d’une guerre de classe par d’autres moyens. »</em> (p.116)</p>
<p style="text-align: justify;">On déplore ainsi les arbres qui tombent en nombre dans quantité de villes au profit de la requalification urbaine, dont le tramway est souvent le « master project », mais qui apporte avec lui le cortège de la spéculation immobilière, de la gentrification, du nettoyage des quartiers populaires, et puis l’extension miraculeuse d’un bassin de chalandise pour les grandes enseignes franchisées. On pourrait de nouveau reprendre le cri « The city planners are ravaging our cities » sous l’inspiration de <a href="http://janeswalkphx.com/chronology-jane-jacobs-life/" target="_blank">Jane Jacobs</a>. L’ANRU se charge de nos nouveaux <a href="http://chazhuttonsfsm.tumblr.com/post/16515040436/i-briefly-mentioned-pruitt-igoe-the-other-day-and" target="_blank">Pruitt-Igoe</a>…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-Rome—Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5078" title="Tramway de Rome—Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Tramway-de-Rome—Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’artificialisation et l’optimisation de l’espace public urbain passent par le nombre significatif d’arbres patrimoniaux coupés une fois le <a href="http://caue75.archi.fr/actions-du-caue/petites-lecons-de-ville/ville-mobilite-la-rue.html" target="_blank">tracé</a> reconnu d’utilité publique par la Commission nationale du débat public, après un processus de « démocratie participative » qui se résume souvent en un abondement formel des expertises en place, tant la conception techniciste de la ville s’accommode des instruments d’une <a href="http://www.revuedeslivres.fr/les-dix-commandements-du-parfait-militant-par-mike-davis/" target="_blank">démocratie consensuelle</a>. <em>« L’inflation de ces simulacres de droits est, en réalité, le signe de notre précarisation institutionnelle »</em> (p.141). On a vu autour de la <a href="http://www.hauptbahnhof-stuttgart.eu/FR/index.html" target="_blank">vieille gare centrale</a> de Stuttgart, le combat contre un <a href="http://www.bahnprojekt-stuttgart-ulm.de/en-gb/overview/default.aspx" target="_blank">urbanisme totalitaire</a> prendre fin dans un référendum.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’à cela ne tienne, les municipalités prétendent souvent replanter plus d’arbres qu’elles n’en coupent, mais leur « végétalisation » est celle d’arbustes d’apparat en pot, hors sol, d’une essence moins encombrante et laissant le champ libre aux caméras de surveillance. Une nature de <a href="http://www.metropolitiques.eu/Ville-desirable-ou-ville-durable.html" target="_blank">technocrate</a> et de « décorateur d’intérieur » (p.53) prend place en ville.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout concourt au spectacle. Récemment décédé, le designer <a href="http://next.liberation.fr/societe/01012367011-deces-de-roger-tallon-designer-des-trains-corail-et-des-tgv" target="_blank">Roger Tallon</a> devait ainsi définir avec Daniel Buren l’allure du tramway de Tours, à savoir : <em>« un tramway entièrement recouvert d’un film-miroir dans lequel la ville se reflètera »</em>, dit la communication municipale qui cherche sa « signature ». Ce tramway-miroir réfléchit une ville étonnamment maîtrisée et domestiquée.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Nous serons bientôt les habitants d’une glaçante <a href="http://www.archdaily.com/200816/dijkstein-weysen-de-baere-architects/" target="_blank">pers’ 3D</a> tout droit sortie de l’imagination numérique d’un urbaniste au service des multinationales du BTP »</em>, conclut Sérékian (p.129).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Les-tramways-à-impériale-de-Hong-Kong—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5079" title="Les tramways à impériale de Hong Kong—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Les-tramways-à-impériale-de-Hong-Kong—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="430" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La « <a href="http://www.prevention-delinquance.interieur.gouv.fr/champs-daction/prevention-situationnelle.html" target="_blank">prévention situationnelle</a> » trouve dans l’urbanisme moderne son principal fer de lance pour gommer l’inquiétant palimpseste des villes, leur <a href="http://transit-city.blogspot.com/2012/01/quand-le-bordel-cree-de-linedit-qui.html" target="_blank">vitalité chaotique</a>, leur imprévisibilité foncière qui serait le paravent des pratiques déviantes. Quel meilleur instrument alors que le tramway, engin de surface et « cheval de Troie de la ville carcérale » (p.83), pour <em>requalifier</em>, c’est-à-dire accoucher d’une ville <em>sans qualité</em>, minéralisée et quadrillée de dispositifs high-tech. Et en bonne « cible », chacun pourra lire à souhait (ou pas) les panneaux de chantier dévolus à la communication du projet urbain instruisant <a href="http://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00657677/fr/" target="_blank">sans rire</a> cette biopolitique de Monsieur Prudhomme : « Nos équipes aménagent votre cadre de vie ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Arduino-Cantàfora_La-città-Analoga_1973.jpg" rel="lightbox[5067]"><img class="alignleft size-full wp-image-5080" title="Arduino Cantàfora_La città Analoga_1973" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Arduino-Cantàfora_La-città-Analoga_1973.jpg" alt="" width="635" height="190" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Des cités <a href="http://www.slate.fr/story/46901/villes-kit" target="_blank">intelligentes et écologiques</a> existent toujours sur la fantasmatique page blanche de l’urbaniste. Mais, c’est une loi de <a href="http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&amp;idArt=801" target="_blank">l’entropie</a>, tout rêve d’un espace unique contient en germe sa propre destruction. Alors, certes, il y a peu de Lacaton et Vassal qui <a href="http://www.lacatonvassal.com/index.php?idp=37" target="_blank">répondent</a> « Comme projet, nous avons proposé de ne rien faire »… Il n’empêche que s’inventeront toujours, heureusement au-delà du <a href="http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00651915/fr/" target="_blank">New Urbanism</a>, des stratégies d’urbanisme plus sensoriel, réversible et lent, et pas seulement en ville, aussi à l’échelle « <a href="http://urbanescapee.com/2012/01/04/radically-remaking-america/" target="_blank">micropolitaine</a> ». Parce que c’est du possible, surtout, dont nous avons besoin pour respirer.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe width="640" height="360" src="http://www.youtube.com/embed/llacDdn5yIE?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; Suivez <em>Urbain, trop urbain</em> sur <a href="https://twitter.com/urbain_" target="_blank">Twitter</a> et essayez de deviner ce que sera le prochain <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/miroirs/" target="_blank">miroir</a> de la ville !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>———————————————————————————</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a name="note1"></a><strong><em><strong><em><strong><em>Le cœur d’une ville… hélas ! Chronique d’une privatisation de l’espace public</em></strong></em></strong></em></strong></em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://carfree.free.fr/index.php/author/serekian/" target="_blank">Jean-Marc Sérékian</a></p>
<p style="text-align: center;">Date de parution : 17/11/2011</p>
<p style="text-align: center;">Éditions <a href="http://www.lepassagerclandestin.fr/index.html" target="_blank">Le passager clandestin</a></p>
<p style="text-align: center;">176 pages — 14 € TTC</p>
<p style="text-align: center;"><em>Et si vous achetiez cet ouvrage chez un libraire ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.ombres-blanches.fr/" target="_blank">Ombres blanches</a>, <a href="http://www.librest.com/librairies/le-genre-urbain.html" target="_blank">Le Genre urbain</a>, <a href="http://www.mollat.com/" target="_blank">Mollat</a>, <a href="http://www.decitre.fr/" target="_blank">Decitre</a> (liste non exclusive).</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Mémoire fusion de Haskoy</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 19:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Duperrex</dc:creator>
				<category><![CDATA[ÉCRITURE URBAINE]]></category>
		<category><![CDATA[Istanbul]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[Châssis emplis de sable réfractaire, modèles bleuis pendus aux murs, son éteint du pilon qui tasse le moule, empreintes en creux qu’on assemble avant de couler le métal liquide. Chôra de la mémoire mobile et labile comme la fusion des sentiments mêlés. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/La-fonderie—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5054]"><img class="alignleft size-full wp-image-5056" title="La fonderie—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/La-fonderie—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="460" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Châssis emplis de sable réfractaire, modèles bleuis pendus aux murs, son éteint du pilon qui tasse le moule, empreintes en creux qu’on assemble avant de couler le métal liquide. <a href="http://www.espacestemps.net/document408.html" target="_blank">Chôra</a> de la mémoire mobile et labile comme la fusion des sentiments mêlés. Masselottes, scories et impuretés qu’éliminent après coulée et refroidissement, des mains usées à l’usinage des pièces d’aluminium. Yeux ouvriers noirs qui dardent l’air jaune soufré. Confinement de ces lieux que le <a href="http://vernissage.tv/blog/2009/09/28/serge-spitzer-molecular-istanbul-mayor-synagogue-istanbul/" target="_blank">sacré</a> n’a pas tout à fait déserté. Les <a href="http://www.bilimtarihi.org/wordpress/osmanli-bilimi-arastirmalari/cilt-5-sayi-1/the-french-artillery-officer-saint-remy-and-his-work-on-guncasting-for-the-ottoman-army-in-istanbul-1785-1787/" target="_blank">premiers mortiers</a> de bronze Ottomans ont été… ratés là. Éteindre ce feu qui n’a plus aucun sens.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/26827548?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&amp;autoplay=1" width="640" height="480" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">À <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/istanbul/">Istanbul</a>, le long de la Corne d’Or, la désindustrialisation bat son plein. Quelques poches d’activités subsistent alors que métallurgie, textile, tanneries et abattoir ont quitté la zone. Ce petit atelier de fonderie, à Hasköy, étrangement collé à une très ancienne synagogue désaffectée, vit ses derniers mois. La Mayor synagogue daterait précisément de l’expulsion des juifs d’Espagne, année de la découverte de l’Amérique. Combien étaient-ils à venir ici, sous l’étoile de David sculptée au plafond ? Le Midrash fut brûlé lors de l’incendie de Péra, en 1923 (année de proclamation de la République). Les ateliers de caoutchouc et de métallurgie et entrepôts qui tournent autour de ce lieu d’architecture le rendent aveugle au reste du faubourg où juifs, grecs et arméniens vivaient autrefois. Ces ouvriers sont les derniers héritiers des anciennes corporations d’artisans qui vivaient autour de l’économie du Saray et du bazar. La vitrine touristique stambouliote que devient la Corne d’Or n’a pas besoin d’eux.</p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Miroirs de la ville #3 Psychogéographie ! Poétique de l’exploration urbaine</title>
		<link>http://www.urbain-trop-urbain.fr/miroirs-de-la-ville-3-psychogeographie-poetique-de-l%e2%80%99exploration-urbaine/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 07:55:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Duperrex</dc:creator>
				<category><![CDATA[POST-IT URBAIN]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Debord]]></category>
		<category><![CDATA[Iain Sinclair]]></category>
		<category><![CDATA[marche]]></category>
		<category><![CDATA[Merlin Coverley]]></category>
		<category><![CDATA[miroirs]]></category>
		<category><![CDATA[psychogéographie]]></category>
		<category><![CDATA[sensations]]></category>
		<category><![CDATA[situationnisme]]></category>
		<category><![CDATA[situationnistes]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’il suffise de se concentrer sur les traits dominants des idées psychogéographiques: l’errance urbaine, la réinvention de la ville par l’imagination, le sens surnaturel d’un esprit des lieux, les soudaines perspicacités et les juxtapositions créées par une dérive sans but, les nouvelles manières de faire l’expérience de décors familiers — et l’on peut aussitôt identifier ces thèmes dans des œuvres ayant précédé de longue date leur reconnaissance formelle par les situationnistes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #888888;">Le mardi matin, <em>Urbain, trop urbain</em> promène un livre le long du Web. Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur <em><a href="http://twitter.com/urbain_" target="_blank">TWITTER</a></em>, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ?</span></span></h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>&gt; Miroir à partir de <strong>Merlin Coverley (&amp; alii), <em>Psychogéographie ! Poétique de l’exploration urbaine</em> (Éditions Les moutons électriques, 2011)</strong>.<a href="#note1">*</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/The-Naked-City-—imprimé-à-Copenhague-—-réalisé-en-découpant-les-plans-d’un-Guide-Taride-de-Paris.jpg" rel="lightbox[5028]"><img class="alignleft size-full wp-image-5035" title="The Naked City —imprimé à Copenhague — réalisé en découpant les plans d’un Guide Taride de Paris" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/The-Naked-City-—imprimé-à-Copenhague-—-réalisé-en-découpant-les-plans-d’un-Guide-Taride-de-Paris.jpg" alt="" width="635" height="370" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce pourrait être un beau <a href="http://popupcity.net/2012/01/trend-9-the-revival-of-psychogeography/" target="_blank">leitmotiv</a> de cette année 2012 : la psychogéographie est toujours vivante. On réinterroge son <a href="http://leblogdelaville.canalblog.com/archives/2012/01/04/23161243.html" target="_blank">histoire officielle</a>, on renouvelle à son aune les <a href="http://vimeo.com/35085823" target="_blank">utopies architecturales</a> du vingtième siècle, et on ne compte plus ses dérivés technologiques (moi-même ai commis <a href="http://owni.fr/2011/06/20/pratiquer-la-ville-pour-une-technologie-de-la-derive/" target="_blank">un papier</a> là-dessus). Sur la vague des applications web à « users generated contents », <a href="http://myblocknyc.com/#/welcome" target="_blank">MyBlockNYC</a> propose par exemple aux new-yorkais de faire le tour de leur voisinage de façon créative ; à <a href="http://planbperformance.net/index.php?id=dayinlife" target="_blank">Birmingham</a>, on traque le parcours aléatoire des marcheurs&#8230; Mais dans la « vie réelle », un nouveau tourisme expérimental fait florès, sur les <a href="http://tropspace.com/2011/12/08/videospace-11-safari-dans-la-ville-la-plus-laide-du-monde/" target="_blank">terrils de Charleroi</a> comme dans les endroits les plus insolites de la planète, grâce au génial LAboratoire de TOURisme EXpérimental (<a href="http://www.latourex.org/" target="_blank">LATOUREX</a>)… Le goût des villes « invisibles » gagne <a href="http://lostnewyorkcity.blogspot.com/" target="_blank">New York</a>, aussi bien que <a href="http://parisisinvisible.blogspot.com/" target="_blank">Paris</a> ou <a href="http://invisiblebordeaux.blogspot.com/" target="_blank">Bordeaux</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/35085823?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="640" height="362" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Guy Debord y tiendra mordicus : lui et ses amis ont institué les premiers la psychogéographie et la <a href="http://i-situationniste.blogspot.com/2007/04/theorie-de-la-derive.html" target="_blank">théorie de la dérive</a> entendue comme méthode d’analyse urbaine. La dérive est le passage rapide entre les ambiances urbaines. <em>« La dérive est une technique du déplacement sans but. Elle se fonde sur l’influence du décor »</em>, écrit Guy Debord dès 1954.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, n’en déplaise à ceux qui attribuent la psychogéographie au seul mouvement situationniste, et à Guy Debord en particulier, il y a une forte « tradition locale » londonienne de la topographie de la ville comme arrière plan psychique et soubassement d’une histoire individuelle. De Quincey, Defoe, Blake, Arthur Machen, Robert Louis Stevenson… Londres s’est prêtée à <a href="http://londonist.com/2012/01/in-search-of-londons-execution-sites.php" target="_blank">toutes les errances</a>. La promenade digressive à Londres demeure aujourd’hui encore un corollaire d’une forme d’introspection par le récit du marcheur. Comme si ces lieux n’existaient pas vraiment, et que les faisait avoir et être <em>lieu</em> <a href="http://captainbooks.blogspot.com/2011/12/londres-decembre-2011-digressions-1.html" target="_blank">une fiction que je me raconte</a>. « Le récit est une délinquance en réserve » (Michel de<strong> </strong>Certeau).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Qu’il suffise de se concentrer sur les traits dominants des idées psychogéographiques : l’errance urbaine, la réinvention de la ville par l’imagination, le sens surnaturel d’un esprit des lieux, les soudaines perspicacités et les juxtapositions créées par une dérive sans but, les nouvelles manières de faire l’expérience de décors familiers — et l’on peut aussitôt identifier ces thèmes dans des œuvres ayant précédé de longue date leur reconnaissance formelle par les situationnistes »</em> (Merlin Coverley, p.27).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Guide_Psychogeographique.jpg" rel="lightbox[5028]"><img class="alignleft size-full wp-image-5036" title="Guide_Psychogeographique" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Guide_Psychogeographique.jpg" alt="" width="635" height="510" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais de l’autre côté de la Manche, Paris n’était pas en reste, ville qui invente le <em>flâneur</em>, dont Merlin Coverley situe l’origine dans la traduction par <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article319" target="_blank">Baudelaire</a>… de la nouvelle d’Edgard Allan Poe, « L’homme des foules » (1840). Le flâneur est ce personnage paradigmatique du destin paradoxal de la ville occidentale, car <em>« au moment même où émerge le flâneur pour la première fois, il est déjà reconnu comme une figure nostalgique, symbolisant non seulement la naissance de la vile moderne mais aussi la destruction de son ancien logis »</em> (p.17). La <a href="http://www.lesechos.fr/culture-loisirs/diaporama/DIAP220911426_A07B5E-paris-au-fil-de-ses-demolitions-223145.php" target="_blank">destruction de Paris</a> révèle ainsi le flâneur dans une posture d’opposition politique, bien qu’indécise.</p>
<p style="text-align: justify;">Si <a href="http://le-beau-vice.blogspot.com/2012/01/walter-benjamin-les-valises-en-boites.html" target="_blank">Walter Benjamin</a> a consolidé la figure du flâneur autour de Baudelaire et des passages, on en trouve des représentants chez Xavier de Maistre, Huysmans, Aragon, les surréalistes… D’un certain côté, le flâneur voyage mentalement, il « robinsonne », comme dit Rimbaud (le nom « Robinson » a d’ailleurs une fortune étonnante dans la littérature psychogéographique au sens large). Mais il est aussi bien ancré dans le pavé. Anticipant les écrits situationnistes, le <em>Paris insolite</em> de Jean-Paul Clébert (1952) et <em>Le Vin des rues</em> de Robert Giraud (1955) écument ainsi le vieux Paris des Halles, de la rue Mouffetard et de la place d’Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Constant_New-Babylon-Paris.jpg" rel="lightbox[5028]"><img class="alignleft size-full wp-image-5037" title="Constant_New Babylon Paris" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Constant_New-Babylon-Paris.jpg" alt="" width="635" height="500" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Croquis—9-janvier-1957.jpg" rel="lightbox[5028]"><img class="alignright size-full wp-image-5038" title="Croquis—9 janvier 1957" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Croquis—9-janvier-1957.jpg" alt="" width="294" height="261" /></a></strong>Dans son <em><a href="http://i-situationniste.blogspot.com/2007/04/essai-de-description-psychogeographique.html" target="_blank">Essai de description psychogéographique des Halles</a></em>, publié dans l’<em>Internationale situationniste </em>de 1958, Abdelhafid Khatib décrit les Halles Centrales comme « plaque tournante » des unités d’ambiance du Paris populaire, et dont on pourrait tirer modèle pour un « urbanisme mouvant » au service de « l’éducation ludique des travailleurs », qui édifierait :<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« des labyrinthes perpétuellement changeants à l’aide d’objets plus adéquats que les cageots de fruits et légumes qui sont la matière des seules barricades d’aujourd’hui. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">L’« investigation », la « découverte » et la notion de « données » sont convoquées par Debord comme faisant partie de la démarche psychogéographique, laquelle prend la rue comme terrain d’observation. Selon la célèbre <em><a href="http://www.scribd.com/doc/57694404/Guy-Debord-Introduction-a-une-critique-de-la-geographie-urbaine" target="_blank">Introduction à une critique de la géographie urbaine</a> </em>(1955),<em> </em>la psychogéographie est :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« l’étude des lois exactes, et des effets précis du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, agissant directement sur le comportement affectif des individus. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Guy-Debord_Lettre-à-Ivan-Chtcheglov_1953.jpg" rel="lightbox[5028]"><img class="alignleft size-full wp-image-5039" title="Guy Debord_Lettre à Ivan Chtcheglov_1953" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Guy-Debord_Lettre-à-Ivan-Chtcheglov_1953.jpg" alt="" width="226" height="294" /></a></strong>Ivan Chtcheglov, alias Gilles Ivain, rêve d’une curieuse architecture nouvelle : <em>« Il y aura des pièces qui feront rêver mieux que des drogues, et des maisons où l’on ne pourra qu’aimer »</em>. Côté espace public, le lettriste Isidore Isou nous met en garde dès 1950 : <em>« l’espace urbain deviendra l’œuvre des usagers eux-mêmes ou bien il deviendra inacceptable »</em>. Pointe la question du « droit à la ville » que <a href="http://metropoles.revues.org/2902" target="_blank">Henri Lefebvre</a> théorise vingt ans plus tard, sans nul doute en prenant appui sur l’inspiration situationniste.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai déjà écrit ici que l’urbanisme des situationnistes avait <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/le-lendemain-de-la-veille-urbaine-7/">peu à voir</a> avec le courant corbuséen de la Charte d’Athènes, mais qu’il y avait aussi <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/le-lendemain-de-la-veille-urbaine-32/">peu de représentations détaillées</a> susceptibles de le définir en regard. Par ailleurs, hormis quelques textes, la psychogéographie ne tient pas un grand rôle dans l’Internationale situationniste. Des critiques de l’urbanisme sont présentes dans <em><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Debord_declin.pdf" target="_blank">Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire-marchande</a></em> ou dans <em><a href="http://library.nothingness.org/articles/SI/fr/display/184" target="_blank">La société du spectacle</a></em>, mais il est vrai que c’est ponctuel. Debord, qui marie <a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/29/guy-debord-a-lecole-imaginaire-de-vauban/" target="_blank">Vauban</a> et <a href="http://www.marxists.org/francais/blanqui/1866/instructions.htm" target="_blank">Blanqui</a>, rapproche sa méthode de la stratégie militaire. Il faut reconnaître que <em>« la dérive ne fait pas démonstration de la pure soumission à l’inconscient qui caractérisait les vagabondages surréalistes et les voyages du flâneur. La dérive n’a certes pas de destination claire mais elle a un but. (…) Les données collectées par ce travail de terrain forment la base du remodelage de la ville par les situationnistes »</em> (pp.108-109). Il s’agit de soutenir le combat par une guerre de positions (et d’anathèmes).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Le-déclin-et-la-chute-de-léconomie-spectaculaire-marchande.jpg" rel="lightbox[5028]"><img class="alignleft size-full wp-image-5040" title="Le déclin et la chute de l'économie spectaculaire-marchande" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Le-déclin-et-la-chute-de-léconomie-spectaculaire-marchande.jpg" alt="" width="635" height="430" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Toutefois, l’effort pour faire de la psychogéographie une « méthode scientifique » ruinait son appel fondateur à la subjectivité. On acquiesce volontiers aux réserves de Coverley :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« Nous avons beau fouiller toute la littérature consacrée à la psychogéographie et au situationnisme, nous serions bien en peine de dénicher la moindre preuve concrète d’un exemple d’activité psychogéographique »</em> (p.110).</p>
<p style="text-align: justify;">Michel de Certeau défendra plus tard le retour à la rue et à <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/le-lendemain-de-la-veille-urbaine-16/">la vue du marcheur</a> contre les perspectives totalisantes (le « voyeur » qui considère la ville comme une entité homogène), mais avec des limites comparables quant au jointoiement de la théorie urbaine à la pratique.</p>
<p style="text-align: justify;">À rebours des perspectives théoriques, la sensorialité est pourtant une dimension essentielle du projet psychogéographique. Or, si elle existe de longue date dans le <a href="http://www.lavilledessens.net/index.php" target="_blank">corpus littéraire</a> et au prisme des récits de voyages, la ville sensitive (voir <a href="http://blog.bmwguggenheimlab.org/2011/12/the-senseable-city-an-interview-with-carlo-ratti/" target="_blank">Carlo Ratti</a> et le <a href="http://www.ambiances.net/wikindx3/index.php?action=frontNoMenu" target="_blank">Réseau Ambiances</a> sur ce thème) se révèle être une entité bien friable aux efforts de neutralisation sensible. De sorte qu’on comprend bien les démarches <a href="http://murmurtoronto.ca/village/" target="_blank">d’archives</a>, notamment <a href="http://lavillesonore.fr/" target="_blank">sonores</a>. « Tout dans une ville demeure invisible, tout, et par-dessus tout, la ville saisie comme totalité » (<a href="http://www.bruno-latour.fr/node/243" target="_blank">Bruno Latour</a>). Dans la guerre psychogéographique, il faut sauver les phénomènes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/24000103?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="640" height="524" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Catalyseur « organique » du rapport psychogéographique à la ville, la seule activité de marcher a pour ainsi dire une valeur contestataire. Aux Etats-Unis, c’est même quelque chose de quasi neuf. On s’en souvient, à Los Angeles, où le flâneur est nécessairement motorisé, <a href="http://www.ubu.com/film/cooper_reyner.html" target="_blank">Reyner Banham</a> avait documenté une ville en mouvement permanent, avec ses quatre « écologies » : Surfurbia, Foothills, The Plains of Id, Autopia… L’autopsie du rêve américain accomplie ayant révélée <a href="http://abandonedamerica.us/" target="_blank">un champ de ruines</a>, la nouvelle psychogéographie new-yorkaise se propose d’aller au-delà de <a href="http://minus.com/mbmgdQ8L0o" target="_blank">l’exploration urbaine</a>, et elle regorge <a href="http://www.ryanraffa.com/portfolio/20/urban-drifts/" target="_blank">d’inventions</a>. Une des meilleures sources d’archives situationnistes, le <a href="http://www.bopsecrets.org/index.shtml" target="_blank">BOP Secrets</a>, est d’ailleurs américaine.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Glue-Society.jpg" rel="lightbox[5028]"><img class="alignleft size-full wp-image-5041" title="Glue Society" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Glue-Society.jpg" alt="" width="635" height="320" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le vagabond dérange ? Il faut réguler son rapport à la ville ? <a href="http://mocoloco.com/art/archives/010663.php" target="_blank">On grossit le trait</a>. Déambuler contredit l’autorité. Sur cet énoncé simple, la rue devient l’objet des mouvements pour les <a href="http://lebbeuswoods.wordpress.com/2011/12/25/michael-sorkin-sidewalks-of-new-york/" target="_blank">libertés civiques</a>. Tandis qu’en Europe — s’il fallait entretenir une distinction coûte que coûte —, la psychogéographie poursuit une carrière introspective jusqu’aux derniers cercles de l’enfer urbain. Avec J. G. Ballard, dans <em>Crash</em> et <em>IGH</em>, on assiste en effet au « changement centripète de la psychogéographie » (p.21) qui s’aventure dans le <em>suburb</em> et délaisse les centres-villes historiques. « Je considère la ville comme une forme en voie d’extinction », écrit-il. La « transurbance » du groupe Stalker explore pour sa part les zones et friches, les délaissés urbains. <a href="http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/features/psychogeography-will-self-and-ralph-steadman-take-manhattan-394644.html" target="_blank">Will Self</a> a entrepris d’aller de Londres à New York… à pieds. Et Sinclair, qui se définit comme un « traqueur » <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/iain-sinclair-%C2%AB-la-ville-est-un-gros-chien-danois-%C2%BB/">plutôt qu’un flâneur</a>, marche <a href="http://lacompagniedugrandnord.wordpress.com/2012/01/18/ou-lauteur-se-rappelle-quun-livre-est-un-bonbon-resistant/" target="_blank">le long de l’autoroute M25</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">La promenade n’est plus digressive, le refus de la linéarité n’est plus aussi clair qu’il y paraissait. Ce vieux monde a un besoin certain de couleur.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe width="640" height="360" src="http://www.youtube.com/embed/N1AHBZybjW4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; Suivez <em>Urbain, trop urbain</em> sur <a href="https://twitter.com/urbain_" target="_blank">Twitter</a> et essayez de deviner ce que sera le prochain <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/miroirs/" target="_blank">miroir</a> de la ville !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>———————————————————————————</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a name="note1"></a><strong><em><strong><em>Psychogéographie ! Poétique de l’exploration urbaine</em></strong></em></strong></em></strong></p>
<p style="text-align: center;">Merlin Coverley (&amp; alii)</p>
<p style="text-align: center;">Date de parution : 16/06/2011</p>
<p style="text-align: center;">Éditions <a href="http://www.moutons-electriques.fr/index.php" target="_blank">Les moutons électriques</a> — Collection « Bibliothèque des Miroirs »</p>
<p style="text-align: center;">196 pages — 21 € TTC</p>
<p style="text-align: center;"><em>Et si vous achetiez cet ouvrage chez un libraire ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.ombres-blanches.fr/" target="_blank">Ombres blanches</a>, <a href="http://www.librest.com/librairies/le-genre-urbain.html" target="_blank">Le Genre urbain</a>, <a href="http://www.mollat.com/" target="_blank">Mollat</a>, <a href="http://www.decitre.fr/" target="_blank">Decitre</a> (liste non exclusive).</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Miroirs de la ville #2 Théorie des maisons. L’habitation, la surprise</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 07:55:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Duperrex</dc:creator>
				<category><![CDATA[POST-IT URBAIN]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît Goetz]]></category>
		<category><![CDATA[habitat]]></category>
		<category><![CDATA[maison]]></category>
		<category><![CDATA[miroirs]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.urbain-trop-urbain.fr/?p=5001</guid>
		<description><![CDATA[La philosophie s’intéresse par endroits à la maison. La maison, non au sens de la chose ou de l’objet, mais la maison comme concept ou plutôt comme schème (au sens kantien): à savoir comme un «dynamisme spatio-temporel» que l’acte d’habiter concerne tout particulièrement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #888888;">Le mardi matin, <em>Urbain, trop urbain</em> promène un livre le long du Web. Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur <em><a href="http://twitter.com/urbain_" target="_blank">TWITTER</a></em>, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ?</span></span></h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>&gt; Miroir à partir de <strong>Benoît Goetz, <em>Théorie des maisons. L’habitation, la surprise</em> (Éditions Verdier, 2011)</strong>.<a href="#note1">*</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Moving-Fort-Moore-High-School-in-Los-Angeles-1886.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5009" title="Moving Fort Moore High School in Los Angeles-1886" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Moving-Fort-Moore-High-School-in-Los-Angeles-1886.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La philosophie s’intéresse <a href="http://www.ruedescartes.org/articles/2004-1-qu-est-ce-qu-une-maison/1/" target="_blank">par endroits</a> à la maison. La maison, non au sens de la chose ou de l’objet, mais la maison <a href="http://www.philippschaerer.ch/e/w-bildbauten-2.html" target="_blank">comme concept</a> ou plutôt comme schème (au sens kantien) : à savoir comme un « dynamisme spatio-temporel » que l’acte d’habiter concerne tout particulièrement. Sans doute n’est-ce pas seulement dans cet acte d’habiter, mais aussi dans celui de concevoir une architecture que se trouve une certaine « synthèse spatiale de l’hétérogène » (<a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Architecture-et-narrativité.pdf" target="_blank">Paul Ricoeur</a>) qui nourrit le récit anthropologique.</p>
<p style="text-align: justify;">La maison est donc ici un terme qui vise des manières d’être à l’espace. Le lecteur décrit par Roland Barthes, qui lève les yeux un instant, tient dans une même suspension de son activité la vérité du geste de penser et de l’habitation d’un monde — car oui, sans doute peut-on encore s’efforcer d’être un <a href="http://www.leroymerlinsource.fr/usages-et-facons-dhabiter/250-lhabitant-la-maison-et-le-monde" target="_blank">habitant du monde</a>. Habiter requiert-il en soi une architecture ? Rien n’est moins évident. Habiter est une <em>pratique</em>. Et de ce que celle-ci engage une tenue, des gestes et postures, ou encore un comportement, habiter concerne un <em>habitus.</em> Quoi de plus soudé en effet à la <a href="http://www.laua.archi.fr/spip.php?article93" target="_blank">différence anthropologique</a> qu’habiter ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Penique-productions_Choko-Hool.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5011" title="Penique productions_Choko Ho'ol" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Penique-productions_Choko-Hool.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’architecture fait surface dans une tension entre cette « habitude » et la « surprise », ce qui sort de l’ordinaire et émerveille. Il faut se rappeler, à ce titre, la fascination d’un Le Corbusier pour la modestie de la cellule monacale (observée au couvent d’Ema, produite à la Tourette). « Nous habitons un lieu, un milieu quand notre manière d’être se forme à leur fréquentation. » (Jean-François Lyotard, <em>Misère de la philosophie</em>, p.200) On parle bien de <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2769" target="_blank">chez soi</a> comme de son « <a href="http://www.metropolitiques.eu/Chez-soi-loin-des-cliches.html?lang=fr" target="_blank">intérieur </a>». L’espace habité est un complément du sujet, plus que sa <em>place </em>: le passage du soi au monde. « Habiter est un mode de subjectivation » (p.91). Ma maison <a href="http://peniqueproductions.com/index.php?/projects/choko-hool/" target="_blank">me déplie</a> sur ses murs, jusque dans la moindre de mes colorations affectives. « Une maison est à la fois un espace schématique et <em>ce qui s’y passe </em>: jeu ou lutte, tension entre des incompatibles » (p.63). La <a href="http://www.wardrobertsphoto.com/index.php?/billions/" target="_blank">fenêtre</a> est un élément architectural qui orchestre admirablement ce passage, entre intérieur et extérieur, de mon reflet dans <a href="http://www.laurentkronental.com/la_defense/defense_gallery.htm" target="_blank">la ville</a> et inversement, <a href="http://dougkeyes.net/section/78435_Becoming_Language.html" target="_blank">jusqu’au récit de cette jonction</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Ward-Roberts_Billions.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5012" title="Ward Roberts_Billions" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Ward-Roberts_Billions.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans la fin des certitudes architectoniques de la philosophie, la modernité se doit de penser à nouveaux frais la maison. « L’architecture est le premier des arts », disait Deleuze (<em>Mille plateaux</em>, p.179) qui a composé tout un paysage philosophique autour du rapport territorialité/déterritorialisation et des <a href="http://butdoesitfloat.com/2469230/The-Neighborhood-of-Infinity" target="_blank">maisons « animales »</a>. Ce travail du cadrage, de la sortie du cadre et du recadrage engage une logique du corps à l’espace, de son « <a href="http://www.tsr.ch/video/emissions/preliminaires/3622548-les-folles-constructions-des-freres-chapuisat.html" target="_blank">écosophie </a>». De même chez Lévinas, mais en un tout autre point de vue, voit-on se jouer une scène philosophique de l’habitabilité du monde au travers de l’hospitalité, et à rebours de l’appropriation usurpatrice : <em>« habiter n’est en rien posséder, s’installer, se protéger. C’est au contraire s’exposer au dehors. Plus exactement, l’habitation est chaque fois un mode propre de se rapporter (de se livrer) au dehors »</em> (Philippe Lacoue-Labarthe, « Habiter », in <em>Épreuves d’écriture</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Bernard-Tschumi_Parc-de-la-Villette.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5013" title="Bernard Tschumi_Parc de la Villette" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Bernard-Tschumi_Parc-de-la-Villette.jpg" alt="" width="635" height="429" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans « la plus essentielle des cohabitations » (Derrida) qui <a href="http://dprbcn.wordpress.com/2009/12/08/philosophy-and-architecture-wittgenstein-house/" target="_blank">relie</a> la philosophie à l’architecture, l’entreprise de déconstruction de la métaphysique devait nécessairement irradier l’architecture elle-même. Jacques Derrida a notamment entretenu une relation aux architectes Peter Eisenmann et Bernard Tschumi. La <em>folie</em> du Parc de la Villette devait même sceller leur collaboration à tous trois (le projet « Choral Work » ne se fera cependant pas). Le <a href="http://weburbanist.com/2011/06/13/deconstructivism-7-architectural-wonders-of-the-world/" target="_blank">déconstructivisme</a> va jusqu’à la dissection, comme dans les anarchitectures de <a href="http://www.plataformaarquitectura.cl/2011/12/18/arte-y-arquitectura-building-cuts-gordon-matta-clark/" target="_blank">Gordon Matta-Clark</a>, et jusqu’à la notation de l’éphémère, l’écriture de l’événement qui s’évanouit, tel <a href="http://socks-studio.com/2011/06/13/fireworks-at-parc-de-la-villette-paris-by-bernard-tschumi-1992/" target="_blank">un feu d’artifice</a>.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« La déconstruction maintient l’architecture tout en s’attaquant à l’architectonique, ou plus simplement en espaçant les grandes visées architectoniques auxquelles l’architecture s’est ajointée : abritement, logement, habitation, monument, tempe, tombeau, sphère, serre, etc. Un édifice qui échappe à l’architectonique est un ensemble articulé qui détermine ou hasarde à chaque fois ses fins. Il ne s’ordonne à aucun système prédéterminé qui lui indiquerait sa place et sa fonction, son sens et sa mission. »</em> (p.168)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Gordon-Matta-Clark_Conical-interest-1975.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5014" title="Gordon Matta-Clark_Conical interest-1975" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Gordon-Matta-Clark_Conical-interest-1975.jpg" alt="" width="635" height="429" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">De cette entreprise de déconstruction, on retient une certaine vocation à la prolifération des pratiques du corps propre à l’intérieur du schème dynamique de l’architecture. Le geste architectural lui-même rejoint l’attrait pour le dépassement du seuil entre le dedans et le dehors. Nous touchons à la question de « l’invite » qui est celle de l’habitation et au dépassement de deux attitudes extrême dans la considération du schème spatio-temporel de la maison.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut en effet d’un côté considérer que l’habitation est ce qui donne à l’habitant le maximum d’habitudes, au sens où habiter relève d’un <em>dispositif</em> dans lequel les gestes de la personne sont programmés et prescrits : la fameuse « machine à habiter », dont on a tordu la métaphore <a href="http://www.plataformaarquitectura.cl/2011/12/14/arte-y-arquitectura-habitat-machines-david-trautimas/" target="_blank">dans tous les sens</a>. De l’autre côté, à l’opposé de cette conception, habiter sans habitude revient à se confier à un <a href="http://bldgblog.blogspot.com/2011/12/we-can-move-it-for-you-wholesale.html" target="_blank">nomadisme</a> <a href="http://www.flickr.com/photos/toddsheridan/sets/72157614316338667/with/3348442777/" target="_blank">souverain</a>, où l’on se sent un <em>hôte</em> invité et de passage dans un lieu, mais cela ne va pas sans un processus destructeur de toute habitude. On oscille en fait entre ces deux modes d’habiter. Corollairement, construire peut viser <a href="http://modulaires.blogspot.com/2011/11/se-souvenir-des-lecons-des-metabolistes.html" target="_blank">l’extensivité absolue</a> du lieu dans sa neutralité, ou <a href="http://avivreleblog.wordpress.com/2012/01/05/disparition-de-pascal-hausermann-temoignage-de-julien-donada/" target="_blank">l’adaptation organique</a> à l’habitant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/PAUL-NOBLE_Welcome-to-Nobson.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5015" title="PAUL NOBLE_Welcome to Nobson" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/PAUL-NOBLE_Welcome-to-Nobson.jpg" alt="" width="635" height="429" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">On ne peut trop fermer les usages de sa convocation au lieu, ni se vivre totalement <em>en</em> <em>passant</em>. C’est pourquoi une architecture est fermeture, mais dans le même temps porosité. « <em>Oikos</em> (la maison) ne va pas sans <em>poros</em> (le passage, l’issue) » (p.32). S’agit-il d’habiter en flâneur ? Il s’agit en tout cas que l’espace construit laisse respirer. Le tombeau est l’édifice le moins poreux… « Ainsi se réalise ici l’architecture, cette pièce la plus significative de la rythmique d’une communauté » (Asja Lacis et Walter Benjamin à propos de Naples). Pas de valeur d’usage sans <a href="http://www.stevenholl.com/project-detail.php?id=21" target="_blank">porosité</a>, et donc sans puissance d’échappement vis-à-vis du dualisme de l’intérieur et de l’extérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Steven-Holl_Département-de-philosophie-de-New-York—©Urbain-trop-urbain.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5016" title="Steven Holl_Département de philosophie de New York—©Urbain, trop urbain" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Steven-Holl_Département-de-philosophie-de-New-York—©Urbain-trop-urbain.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce dépassement, ce franchissement du seuil impriment un mouvement, une forme de désincarcération du corps que l’architecture traduit. On sait l’effet de Frank Lloyd Wright et son <a href="http://www.phxart.org/FLW/" target="_blank">architecture organique</a> que l’on visite <a href="http://www.youtube.com/watch?v=vCQ5aFqGnDU&amp;context=C319da36ADOEgsToPDskJBckYEOEbNJuvAf3po_eKA" target="_blank">même sur iPad</a>, ou de Le Corbusier avec la <a href="http://vimeo.com/32830873" target="_blank">Villa Savoye </a>: à son point d’excellence, l’architecture se donne comme « promenade architecturale ». Du <a href="http://diegoterna.wordpress.com/2011/12/05/on-being-on-the-top/" target="_blank">sommet</a> de la contemplation philosophique, d’où l’on peut se jeter ou être précipité (double manifeste, celui d’<a href="http://www.urbain-trop-urbain.net/tagged/Yves-Klein" target="_blank">Yves Klein</a> et celui de <a href="http://www.urbain-trop-urbain.net/post/15503880995" target="_blank">Bernard Tschumi</a>), jusqu’aux <a href="http://dprbcn.wordpress.com/2012/01/12/abnormal-subterranea/" target="_blank">ultracaves</a> bachelardiennes, en passant par les <a href="http://www.archdaily.com/134477/21st-century-crusoe-house-dellekamp-arquitectos/" target="_blank">rêves de Robinson</a>, l’architecture semble alors procéder du même élan que la <a href="http://thefunambulist.net/2010/12/18/philosophy-architectures-of-joy-a-spinozist-reading-of-parentvirilio-and-arakawagins%E2%80%99-architecture/" target="_blank">joie spinoziste</a>, le désir de persévérer dans son être.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Brandon-Mosley_Preserving-the-Erased-Didactic-Architecture.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5017" title="Untitled" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Brandon-Mosley_Preserving-the-Erased-Didactic-Architecture.jpg" alt="" width="635" height="430" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Benoît Goetz convoque dans son livre la catégorie aristotélicienne de <em>position</em> pour décrire la façon dont habiter, c’est « se tenir ». Être-en-position (keisthai chez Aristote), occuper une position (thésis) relève de l’être passif de la situation en un lieu, et de l’être actif d’une opération de détermination du lieu ou de la place où l’on vient se positionner. Prendre position, y compris au sens intellectuel du débat d’idées, c’est donc agir, non pas comme un être isolé ou une substance autonome, mais comme un être-en-relation-avec d’autres êtres situés dans l’espace des relations. C’est donc intervenir dans la relation. Et chacun constate sans mal, plus prosaïquement, que la communauté de sentiment ou la relation d’amitié installent en eux-mêmes l’espace privilégié de la maison, et ce qui fait accueil en elle à notre geste d’habiter.</p>
<p style="text-align: justify;">Le corps et sa chorégraphie dans <a href="http://www.c14-architecture.com/actualites/un-cube-un-logement-decouverte-des-carres-detoiles.html" target="_blank">un bloc d’espace-temps</a>, voilà ce qui architecture l’habiter. « C’est ce nœud de temps, d’espace et de jeu qui définit l’habitation » (p.15). Entre architecture et chorégraphie, être situé dans le faisceau des relations amicales revient à n’être ni dedans ni dehors mais les deux à la fois et chacun se voit ainsi, écrit Roland Barthes, « soumis par chaque conversation à la question de l’hétérotopie : où suis-je parmi les désirs ? Où en suis-je du désir ? » (Roland Barthes, « Les amis », in <em>Roland Barthes par Roland Barthes</em>, p.68). L’architecture est à emplir de ces désirs réfléchis.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Philipp-Schaerer_Bildbauten.jpg" rel="lightbox[5001]"><img class="alignleft size-full wp-image-5018" title="Philipp Schaerer_Bildbauten" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Philipp-Schaerer_Bildbauten.jpg" alt="" width="635" height="430" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; Suivez <em>Urbain, trop urbain</em> sur <a href="https://twitter.com/urbain_" target="_blank">Twitter</a> et essayez de deviner ce que sera le prochain <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/miroirs/" target="_blank">miroir</a> de la ville !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>———————————————————————————</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a name="note1"></a><strong><em>Théorie des maisons. L’habitation, la surprise</em></strong></em></strong></p>
<p style="text-align: center;">Benoît Goetz</p>
<p style="text-align: center;">Date de parution : 13/10/2011</p>
<p style="text-align: center;">Éditions Verdier — Collection « Art et architecture »</p>
<p style="text-align: center;">224 pages — 13,20 € TTC</p>
<p style="text-align: center;"><em>Et si vous achetiez cet ouvrage chez un libraire ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.ombres-blanches.fr/" target="_blank">Ombres blanches</a>, <a href="http://www.librest.com/librairies/le-genre-urbain.html" target="_blank">Le Genre urbain</a>, <a href="http://www.mollat.com/" target="_blank">Mollat</a>, <a href="http://www.decitre.fr/" target="_blank">Decitre</a> (liste non exclusive).</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Miroirs de la ville #1 Dedans, dehors. La condition d’étranger</title>
		<link>http://www.urbain-trop-urbain.fr/miroirs-de-la-ville-1-dedans-dehors-la-condition-d%e2%80%99etranger/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 07:55:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Duperrex</dc:creator>
				<category><![CDATA[POST-IT URBAIN]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
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		<category><![CDATA[Michel de Certeau]]></category>
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		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[«Il faut fermer la jungle de Calais» proclame un jour un ministre de l’Immigration. La fermeture de Sangatte a une vocation: rendre encore plus invisibles des vies étrangères placées sous le sceau de «l’irrégularité». Sur la plage de Sangatte, un jour, puis un autre jour, l’attente des vies anonymes s’est dissoute en une absence totale de lieu. Le livre "Dedans, dehors, La condition d’étranger" pose à ce titre la question de la disqualification de certaines vies, ces vies étrangères auxquelles on confisque à un moment donné leur visibilité. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #888888;">Le mardi matin, <em>Urbain, trop urbain</em> promène un livre le long du Web. Les liens reflètent une veille hebdomadaire diffusée sur <em><a href="http://twitter.com/urbain_" target="_blank">TWITTER</a></em>, mais c’est le livre qui va s’y mirer. Tirer de cet exercice spéculaire un répertoire symbolique, une éthique de la ville, comme le voudrait le genre du miroir ?</span></span></h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>&gt; Miroir à partir de Guillaume Le Blanc, <em>Dedans, dehors. La condition d’étranger</em> (Éditions du Seuil, 2010).<a href="#note1">*</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Sangatte-Outlaw-zone—©Edouard-Beau.jpg" rel="lightbox[4975]"><img class="alignleft size-full wp-image-4983" title="Sangatte Outlaw zone—©Edouard Beau" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Sangatte-Outlaw-zone—©Edouard-Beau.jpg" alt="" width="635" height="366" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">« Il faut fermer la jungle de Calais » proclame un jour un ministre de l’Immigration — voir les photographies de <a href="http://www.airdeparis.com/bruno/calais/bruno_serralongue.html" target="_blank">Bruno Serralongue</a> et la lecture qu’en donne <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article552" target="_blank">François Bon</a>. La fermeture de Sangatte a une vocation : rendre encore plus <em>invisibles</em> des vies étrangères placées sous le sceau de « l’irrégularité ». Sur la <a href="http://www.derives.tv/Un-autre-jour-sur-la-plage" target="_blank">plage de Sangatte</a>, un jour, puis un autre jour, l’attente des <a href="http://www.edouardbeau.com/sangatte/sangatte-outlaw-zone---france-2002---2003/" target="_blank">vies anonymes</a> s’est dissoute en une absence totale de lieu. Le livre <em>Dedans, dehors, La condition d’étranger</em> pose à ce titre la question de la disqualification de certaines vies, ces vies étrangères auxquelles on confisque à un moment donné leur visibilité. D’un point placé <a href="http://opinionator.blogs.nytimes.com/category/borderlines/" target="_blank">à la frontière</a> du dedans et du dehors, c’est-à-dire à aucune <em>place</em> assignée, cet essai développe à notre usage quelques figures du « retournement » : retournement de la norme, retournement de l’identité, retournement de la nation… Dans l’espace de la nation, inclure les uns, les rattacher à une identité (nationale), c’est exclure les autres, les frapper de discrédit.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>« J’appelle condition d’étranger la précipitation dans la situation d’être dedans tout en étant dehors, engendrée par la désignation d’une vie comme étrangère. La condition d’étranger n’est pas une condition humaine partagée, elle repose sur une désignation qui crée la possibilité (sociale, juridique, économique) d’être dedans tout en étant dehors. »</em> (p.44)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Silent-Exile—©Jake-Price.jpg" rel="lightbox[4975]"><img class="alignleft size-full wp-image-4984" title="Silent Exile—©Jake Price" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Silent-Exile—©Jake-Price.jpg" alt="" width="635" height="480" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cette <em>désignation</em> en tant qu’exclusion définit un territoire, celui d’une intégrité de l’intérieur, de l’ici, du « chez moi » qui s’accorde des migrations tolérées et « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/10/BREVILLE/21095?" target="_blank">heureuses </a>». Au regard de ce dedans, l’étranger « éconduit et reconduit » aux <a href="http://laterrebouge.fr/?p=288" target="_blank">frontières</a> d’une <a href="http://www.burnmagazine.org/essays/2011/12/amnon-gutman-the-promised-land/" target="_blank">terre promise</a> ne trouve plus de place que dans l’interstice, l’entre-deux. Les frontières ne sont pas les marqueurs clairs et distincts que l’on pense : ni également <a href="http://echogeo.revues.org/12655" target="_blank">étanches</a> et <a href="http://jakeprice.com/?p=140" target="_blank">fermées</a>, ni organisant la même partition du dedans et du dehors, ni ayant le même sens pour tout le monde. <em>« D’une part, les frontières sont multiples et équivoques et, d’autre part, elles sont renégociées, refaçonnées par les vies qui les contestent au point d’être parois rendues illisibles. »</em> (p.144)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/33594592?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&amp;color=cca800" width="640" height="428" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce livre qui s’ouvre très opportunément par une citation de l’<em><a href="http://narratologie.revues.org/942" target="_blank">Ellis Island</a></em> de Georges Perec considère que les vies étrangères rendues <a href="http://ilinferno.com/2011/12/17/ignazio-fresu-le-voyageur-et-son-ombre/" target="_blank">invisibles</a> ne sont pas comme telles privées de « récit », mais que ce sont des vies dont le récit soit n’est pas auditionné, soit devient une preuve supplémentaire de la disqualification du récitant, soit enfin ne parvient pas à se dégager comme récit propre du fait du « contrat oppressif » que le subalterne, le précaire et l’exclu sont « obligés de nouer avec les institutions modernes de domination ». Face à l’entité fermée du territoire national, la vie étrangère n’a pas de droit à la <em>relation</em>, au sens fort que lui donne <a href="http://www.ruedescartes.org/articles/2002-3-la-relation-impredictible-et-sans-morale/" target="_blank">Edouard Glissant</a>, elle est sans voix. Déprécié, précarisé, assujetti par rapport au sujet national, le sujet étranger est une forme de polarité récalcitrante par rapport à la nation et à sa « scène d’intelligibilité » (p.17). La vie devient étrangère, d’une certaine manière, parce qu’elle est instituée comme telle : il n’y a pas de naturalisme de ce statut. Le fait de « non assimiler » introduit aussi des frontières intérieures, l’étranger est placé dans un <a href="http://www.phillipwarnell.com/outlandish.html" target="_blank">processus d’altérisation</a>. <em>« L’étranger est écartelé entre un registre de l’altérisation qui l’éloigne de nous et un appel au mimétisme qui le rapproche de nous »</em> (p.105).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/The-promise-land—©Amnon-Gutman.jpg" rel="lightbox[4975]"><img class="alignleft size-full wp-image-4985" title="The promise land—©Amnon Gutman" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/The-promise-land—©Amnon-Gutman.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette thématique du récit et des voix, en convergence avec les <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5329-quest_ce_que_la_litterature_postcoloniale.htm" target="_blank">études postcoloniales</a> et avec les thèses de Judith Butler sur le genre, débouche aussi sur une considération de l’espace qui nous intéresse tout particulièrement ici. Les vies n’ont en effet pas toutes le même monde à habiter. La « jungle » de Calais démantelée abritait ces vies dans la porosité ou le point aveugle des espaces réglés : <em>« nœud autoroutier, bout de forêt ou fin de terre, baraques de fortune, mélange de tôle, de béton et de bois, zone vague, précaire »</em> (p.13). On connaît les situations « d’encampement » auxquelles on soumet les <a href="http://geocarrefour.revues.org/8210" target="_blank">populations Roms</a> en Europe — contraints à « <a href="http://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00648231/fr/" target="_blank">circuler </a>» de même qu’on enjoint pauvres et précaires à la « <a href="http://geographie-ville-en-guerre.blogspot.com/2012/01/la-mobilite-des-pauvres-sylvie-fol.html" target="_blank">mobilité </a>» —, ou encore les itinérances entre installations de fortune pour les travailleurs ruraux des <a href="http://arrivalcity.net/video" target="_blank">villes chinoises</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’absence narrative de « structure de réception » pour l’étranger se retrouve dans les lieux, ou plutôt les contre-lieux que <a href="http://www.sindeu.net/ulysse-le-vingt-cinquieme-chant/" target="_blank">la vie en exil</a> prend pour domicile. Parce que l’étranger est des « parage » de la nation, il porte des signes de non appartenance, qui font qu’il est <a href="http://www.urbain-trop-urbain.net/post/14977203055" target="_blank">reconnaissable mais pas reconnu</a>. Il est en <a href="http://www.mimimollica.com/reportage/project/lampedusa_landings" target="_blank">débarquement</a>, il fait intrusion, ou bien il est en reconduction vers de nouvelles zones qui sont des zones de transit et des espaces interstitiels. Toujours laissé sur <a href="http://www.detroit-s.net/#/fr,etape3,galerie4/?langue=fr&amp;etape=3&amp;galerie=4" target="_blank">le seuil</a>…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Lampedusa-landing—©2012-MIMI-MOLLICA.jpg" rel="lightbox[4975]"><img class="alignleft size-full wp-image-4986" title="Lampedusa landing—©2012 MIMI MOLLICA" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Lampedusa-landing—©2012-MIMI-MOLLICA.jpg" alt="" width="635" height="360" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais si la peur de l’Autre dessine ainsi <a href="http://www.franceculture.fr/blog-globe-2011-12-14-la-peur-de-%C2%AB-l%E2%80%99autre-%C2%BB-dessine-une-geographie-du-%C2%AB-vivre-separe-%C2%BB-0" target="_blank">une géographie du « vivre séparé »</a>, peut-être faut-il avancer en contrepoint que le territoire rejette aux marges justement ce qui « déterritorialise », qu’il s’agisse des questions de genre, d’exclusion sociale ou d’immigration… Ce qui trouble la nation est considéré comme une <em>anomalie </em>: on retrouve la question du normal et de l’anomal développée par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Canguilhem" target="_blank">Georges Canguilhem</a>. Au repli normatif de la nation, Guillaume Le Blanc oppose dans son livre l’hybridation et son « débordement vital ». L’étranger comme puissance de vie déterritorialise et conteste la territorialité identitaire. Les « subcultures » témoignent de ce travail. <em>« L’hybridation ne se rapporte donc pas à une identité qui désire s’ouvrir à une altérité. Elle doit être conçue au contraire comme la résultante des flux et ne peut manquer de proliférer dans le cadre d’une histoire des relations entre nations et à l’intérieur des nations, entre groupes ethniques différents »</em> (p.158).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Rietveld-Landscape-—N-A-P-New-Amsterdam-Park.jpg" rel="lightbox[4975]"><img class="alignleft size-full wp-image-4987" title="Rietveld Landscape —N A P New Amsterdam Park" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Rietveld-Landscape-—N-A-P-New-Amsterdam-Park.jpg" alt="" width="635" height="460" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’hybridation désigne ainsi une immanence à la vie et à sa plasticité qui produit des circuits « nomades ». Le <em><a title="Téléchargez le fichier PDF (200 Ko)" href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Manifeste-des-migrants.pdf" target="_blank">Manifeste des migrants</a></em> (<a href="http://immigrant-movement.us/" target="_blank">novembre 2011</a>) ne s’y trompe pas, qui revendique un champ de lutte élargi : <em>« Nous nous identifions aux victoires de l’abolition de l’esclavage, du mouvement pour les droits civils, de l’avancement des droits de la femme et des récents accomplissements de la communauté LGBTQ »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’immigré peut porter de nouveaux mondes et donc de nouvelles voix dans la culture nationale. L’accueil minimal de la nation neutralise ce potentiel de la vie immigrée, l’assignant à une place marginale. Il importe de se saisir des <a href="http://dpea-archi.philo.over-blog.com/article-mais-c-est-quoi-le-rapport-avec-l-architecture-95374484.html" target="_blank">architectures</a> que l’étranger invente dans son espace de relégation et de composer des <a href="http://www.rietveldlandscape.com/en/projects/185" target="_blank">assemblages chaotiques et ouverts</a> qui soient porteurs de la condition migrante en ce que son pouvoir d’hybridation peut nourrir notre culture. L’hybridation est davantage le fait des vies subalternes que des vies qui ont le pouvoir, car ces dernières clôturent.</p>
<p style="text-align: justify;">Les styles et allures de la vie que peuvent développer les collectifs étrangers « trouent » la nation ; ils sont riches, en ce sens, d’invention politique. <em>« Les subalternes, dont les étrangers, ne cessent d’inventer des lieux autres, non totalement réglés par les normes de l’État-nation. Ils inventent ainsi des courbures d’espace et de temps différentes, des “hétérotopies” qui sont autant de possibilités pour la nation de sortir de sa topique native »</em> (p.166). Il s’agit là d’espaces différents, de <em>traverses</em> comme dirait Michel de Certeau qui pratiquent <a href="http://www.nemo-project.com/" target="_blank">des trous dans les zones surveillées</a>. Espaces à l’égard desquels nous sommes en général aveugles, et pourtant, par les coulisses des vies étrangères se déploie les logiques infra politiques qui rendent l’étranger à sa condition visible et appellent de toute nécessité ces contre-lieux. Beaucoup demeurent à inventer et à réinventer pour une « hospitalité » à l’intérieur du déni territorial qui est celui de la nation.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Northern-europe-migrant-organisation—©NEMO.jpg" rel="lightbox[4975]"><img class="alignleft size-full wp-image-4988" title="Northern europe migrant organisation—©NEMO" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Northern-europe-migrant-organisation—©NEMO.jpg" alt="" width="635" height="365" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; Suivez <em>Urbain, trop urbain</em> sur <a href="https://twitter.com/urbain_" target="_blank">Twitter</a> et essayez de deviner ce que sera le prochain miroir de la ville !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>———————————————————————————</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a name="note1"></a>Dedans, dehors. La condition d’étranger</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_le_Blanc" target="_blank">Guillaume Le Blanc</a></p>
<p style="text-align: center;">Date de parution : 14/10/2010</p>
<p style="text-align: center;">Éditions du Seuil — Collection « La Couleur des idées »</p>
<p style="text-align: center;">224 pages — 18 € TTC</p>
<p style="text-align: center;"><em>Et si vous achetiez cet ouvrage chez un libraire ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.ombres-blanches.fr/" target="_blank">Ombres blanches</a>, <a href="http://www.librest.com/librairies/le-genre-urbain.html" target="_blank">Le Genre urbain</a>, <a href="http://www.mollat.com/" target="_blank">Mollat</a>, <a href="http://www.decitre.fr/" target="_blank">Decitre</a> (liste non exclusive).</em></p>
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		<title>Les 12 articles les plus lus en 2011</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jan 2012 18:08:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Urbain, trop urbain</dc:creator>
				<category><![CDATA[POST-IT URBAIN]]></category>
		<category><![CDATA[urbain]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a à cette heure 172 articles signés par 32 auteurs et nous ne pouvons que vous enjoindre à musarder dans nos catégories éditoriales pour trouver quelques pépites: Signal urbain, Lecture urbaine, Écriture urbaine, Post-it urbain. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: medium;"><span style="color: #888888;">Que voyons-nous dans le rétroviseur de <em>Urbain, trop urbain</em>, sillonnant la ville dans ses zones, se prenant dans les embouteillages de l’édition et se lançant finalement à grande vitesse sur les périphériques numériques ?</span></span></strong></p>
<p><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/UrbainLogo.jpg" rel="lightbox[4942]"><img class="alignleft size-full wp-image-4943" title="UrbainLogo" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/UrbainLogo.jpg" alt="" width="635" height="355" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Article facile à rédiger s’il en est et auquel nombre de sites que vous connaissez se prêtent volontiers — toutefois ce classement simplement statistique ne reflète pas la ligne éditoriale du blog…</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a à cette heure 172 articles signés par 32 auteurs et nous ne pouvons que vous enjoindre à musarder dans nos catégories éditoriales pour trouver quelques pépites : <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/category/signal-urbain/">Signal urbain</a>, <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/category/lecture-urbaine/">Lecture urbaine</a>, <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/category/ecriture-urbaine/">Écriture urbaine</a>, <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/category/post-it-urbain/">Post-it urbain</a>. Ces quatre catégories prises ensemble sont essentielles à notre approche de la ville : elles disent en même temps ce <em>pourquoi</em> l’urbain recouvre la ville et nous en éloigne, et ce <em>par quoi</em> les pratiques urbaines nous restituent la ville et son formidable souffle de liberté.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici sans plus tarder le classement 2011 (la mise en pages des anciens articles n’a pas été reprise, ce qui est un tort, on en convient, mais le temps, chers lecteurs, nous a joué des tours en 2011 : souhaitons qu’il nous soit favorable en 2012 !) :</p>
<p style="text-align: justify;">1 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/la-ville-rangee-est-sans-langage/">La ville rangée est sans langage</a> (lecture urbaine)</p>
<p style="text-align: justify;">Une courte méditation sur l’œuvre d’Armelle Caron, une artiste qui travaille beaucoup sur la notion d’espace et de figuration de la ville. Une nouvelle version de cet article a été publiée dans la très sérieuse revue <em>Regards Sociologiques</em> (papier et web).</p>
<p style="text-align: justify;">2 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/l%E2%80%99ecologie-graphique-de-la-ville-et-sa-disparition/">L’écologie graphique de la ville et sa disparition</a> (lecture urbaine)</p>
<p style="text-align: justify;">Un travail sur la signalétique officielle, commerciale ou profane dans notre espace urbain. Le site OWNI a souhaité republier cet article.</p>
<p style="text-align: justify;">3 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/kowloon-walled-city/">Kowloon walled city</a> (signal urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">Description d’un quartier de Hong Kong, aujourd’hui rasé et qui continue de nourrir un imaginaire architectural et urbain dystopique.</p>
<p style="text-align: justify;">4 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/maison-lemoine/">Le manoir revisité par Rem Koolhaas</a> (signal urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">Une promenade architecturale dans la maison de Floirac, que nous avons eu le privilège de visiter avec <em>arc en rêve centre d&#8217;architecture</em>. Les éditions de La Martinière nous ont commandé l’une de nos photos en vue d’une publication dans leur <em>Monuments du monde ; 365 sites d’architecture au jour le jour</em> (octobre 2011). Nous n’avons jamais été payés et n’avons pas eu le temps de vérifier si elle avait été publiée. Alors si vous savez…</p>
<p style="text-align: justify;">5 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/c%E2%80%99est-du-style/">C’est du style</a> (post-it urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">Tout simplement un compte-rendu informé sur l’exposition De Stijl du Centre Pompidou. Beaucoup d’informations sur ce mouvement et son influence en architecture.</p>
<p style="text-align: justify;">6 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/le-lendemain-de-la-veille-urbaine-7/">Le lendemain de la veille urbaine #7</a> (post-it urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">La série hebdomadaire du « lendemain de la veille urbaine » a donné lieu à la publication de <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/hyperlien/">33 articles</a>. Un travail d’écriture sous contrainte, en relation avec notre compte <a href="https://twitter.com/urbain_" target="_blank">Twitter</a>, travail particulièrement épuisant. Mais nous allons faire plus difficile encore, dès ce mardi, c’est promis : une série qui s’appellera « miroirs de la ville »&#8230; Ah, quant au thème de celui-ci, eh bien c’est la psychogéographie.</p>
<p><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Voeux_urbain_2012.jpg" rel="lightbox[4942]"><img class="alignright size-full wp-image-4944" title="Voeux_urbain_2012" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Voeux_urbain_2012.jpg" alt="" width="220" height="312" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">7 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/monumenta-2011/">Anish Kapoor architecte et la pompe à air</a> (signal urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">Description de l’œuvre exposée à la Monumenta 2011, sous la verrière du Grand Palais. On nous a soufflé dans l’oreillette que Bruno Latour avait apprécié ce papier (ah, orgueil, orgueil !).</p>
<p style="text-align: justify;">8 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/shanghai-et-le-dispositif-du-lotus-bleu/">Shanghai et le dispositif du Lotus Bleu</a> (lecture urbaine)</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article (texte et vidéo) soutient une lecture de l’œuvre d’Hergé au prisme des thèses de Michel Foucault sur l’espace. Insigne honneur pour nous d’avoir eu à cette occasion les félicitations de Benoît Peeters (ah, orgueil, orgueil ! <em>bis</em>). Une version « universitaire », très fortement remaniée et musclée est à paraître instamment dans la très sérieuse revue franco-italienne <em>materiali foucaultiani</em> (papier et web).</p>
<p style="text-align: justify;">9 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/bunker/">Bunker</a> (signal urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">Une belle évocation de Berlin issue de la démarche des <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/tag/vases-communicants/">vases communicants</a>, à laquelle nous participons le plus souvent possible : <em>“Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.”</em></p>
<p style="text-align: justify;">10 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/le-baroque-en-faux-pli-de-zaha-hadid/">Le baroque en faux pli de Zaha Hadid</a> (signal urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">Promenade architecturale à Rome qui analyse le plus rigoureusement possible le MAXXI et donne quelques pistes de lecture de l’architecture paramétrique.</p>
<p style="text-align: justify;">11 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/l%E2%80%99anarchitecture-une-lecture-urbaine-par-deconstruction/">L’anarchitecture, une lecture urbaine par déconstruction</a> (lecture urbaine)</p>
<p style="text-align: justify;">Ou comment la création numérique peut interroger notre culture perceptive…</p>
<p style="text-align: justify;">12 — <a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/le-lendemain-de-la-veille-urbaine-31/">Le lendemain de la veille urbaine #31</a> (post-it urbain)</p>
<p style="text-align: justify;">Un parcours arbitraire dans l’univers des gares et du chemin de fer, qui s’ouvre par une citation de Jean-Christophe Bailly et se clôt par <em>L’Aurore</em> de Murnau.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
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		<title>ZAC [Masséna]</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 09:37:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jerome Wurtz</dc:creator>
				<category><![CDATA[LECTURE URBAINE]]></category>
		<category><![CDATA[ambiance]]></category>
		<category><![CDATA[marche]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
		<category><![CDATA[vases communicants]]></category>

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		<description><![CDATA[Longtemps, de loin, ce quartier m’effrayait. Je suis passé devant un beau nombre de fois, observant l’avenue de France sans jamais la prendre. J’observais derrière un immeuble le haut des anciens Frigos de Paris. Usine squattée pendant des années par des artistes en tout genre. Lieu qui a survécu face à l’aménagement de la Zone. Ce rectangle côtoyant la Seine, impénétrable d’extérieur et toujours l’avenue de France, là m’annonçant le bout du monde des territoires connus.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Longtemps, de loin, ce quartier m’effrayait. Je suis passé devant un beau nombre de fois, observant l’avenue de France sans jamais la prendre. J’observais derrière un immeuble le haut des anciens Frigos de Paris. Usine squattée pendant des années par des artistes en tout genre. Lieu qui a survécu face à l’aménagement de la <em>Zone</em>. Ce rectangle côtoyant la Seine, impénétrable d’extérieur et toujours l’avenue de France, là m’annonçant le bout du monde des territoires connus. Apeuré à cette idée, je prenais toujours le chemin de la BNF, du cinéma et de la Cinémathèque française (de l’autre côté de la Seine par la passerelle Simone-de-Beauvoir) : chemin rassurant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Spirale—ZAC-Masséna—film-de-Jérôme-Wurtz.jpg" rel="lightbox[4912]"><img class="alignleft size-full wp-image-4923" title="Spirale—ZAC Masséna—film de Jérôme Wurtz" src="http://www.urbain-trop-urbain.fr/wp-content/uploads/2012/01/Spirale—ZAC-Masséna—film-de-Jérôme-Wurtz.jpg" alt="" width="265" height="265" /></a>Un jour d’été, l’ami Matthieu de <em>Urbain, trop urbain</em>, me propose de venir un spectacle de danse verticale sur les murs de L’école nationale supérieure d’architecture qui est installée dans le quartier de Masséna. Je n’avais pas le choix. Obligé d’entrer à l’intérieur. Traversant, je découvre le futur de Billancourt, quand tout sera fini : un lieu avec des noms de rues de « gauche » (Françoise Dolto, Elsa Morante, Primo Levi&#8230;). Caution d’une disparition… et l’ancrage des anciens Moulins de Paris, transformés en Université. Cachés au milieu, invisibles de l’extérieur. Comme les rails de la Gare d’Austerlitz, disparus dans les « nouveaux » bas-fonds et fondations. Quartier suspendu au dessus de ce qu’il faut cacher, comme la rue Watt : liaison avec l’ancien treizième arrondissement, le populaire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le plus surprenant c’est la question de « l’avant ». Dans ce quartier, impossible de savoir. Le nom « GRAND MOULINS DE PARIS » ne suffit pas. Amnésie et façadisme… Prendre ce parti et s’avancer. Trouver le plan du quartier, dessiner une spirale et poser la caméra sur le passage de cette dernière. Arbitrairement. Et la suivre jusqu’au centre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/34650064?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="640" height="360" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><em>***</em></strong><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Texte et film de Jérôme Wurtz, pour <strong><em><a href="http://aquelquepasdelusine.blogspot.com/" target="_blank">À quelques pas de l’usine</a></em></strong>, qui invite sur son site le texte de Matthieu Duperrex « <strong><a href="http://aquelquepasdelusine.blogspot.com/2012/01/vases-communicants-janvier-2012-avec.html">ZAC (Billancourt toujours)</a></strong> », pour <strong><em>Urbain, trop urbain</em></strong>… dans le cadre du projet des <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&amp;ref=ts" target="_blank"><strong>vases communicants</strong></a>: “Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.”</p>
<p style="text-align: justify;">
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