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LANGUE URBAINE

Trajet du récit, espace de langage de la ville

Salin-de-Giraud

Il y avait la traversée en bac jusqu’ici, pour voir les lignes parallèles des bassins salins, la traversée pour humer la saumure, et jeter son front au devant des cent soleils blancs réfléchis dans le marais.
Lavéra-Ponteau, encre de Frédéric Malenfer

Un polystyrène d’ébène, une canette Saint-Jacques rouillée, des galets pneumatiques, un cristal de pétrole brut pétrifié, des tessons de terre cuite, des ciments méridionaux…
Bayou Triangle, Ninth Ward, New Orleans

Cicatrices mal cousues, dernière frontière, Nola ville sorcière, qui connait les coupures, le tranchant et son envers, entre ceux qui restent et ceux qu’elle laisse, les squelettes derrière les murs…
Touffeur

Que peut-être ils vont t’ôter les chaînes et que toi aussi tu reprendras la Touffeur Stomp dance. But you better not complain, boy, you get in trouble with the man. Mais espoir no more dans les cellules de SBPP. The next thing you know, boy, Oh! You’re prison bound.
Concert au Spotted Cat, Julian Addison à la batterie.

Tu as mangé les noirs et tu vas noyer les blancs et la marée noire qui reflue en toi c’est la fin Nola c’est la fin de toi des noirs des blancs des texans des blues et des bayous des cajuns du jazz et de Mojo de Mojo René dans Crescent City
Clarence John Laughlin _Ghosts along the Mississippi-1

Ici, on ne rebâtira pas. Tu voyages en ces lieux épris de la même nostalgie sans regret que si tu visitais les plantations Antebellum du Vieux Sud agonisant, Belle Grove, Madewood, Orange Grove, Constancia, Woodlawn, and others.
Riva d'exil—©Urbain, trop urbain

À l’abri du vent sur la place des hommes jouent au backgammon dos aux pétroliers qui s’engagent sur le Bosphore. Tu cherches l’Ukraine sous le même ciel bas de l’autre côté, et combien d’anoraks —
Frédéric Malenfer, Périphérique de Toulouse, janvier 2014

Un pneu avait passé la glissière et se trouvait, là, désolidarisé du véhicule qui l’avait éjecté. Longtemps après les sirènes, la vieille rassembla son bouquet, et dans un geste ancestral, en déposa sur le pneu l’une des fleurs.
Frédéric Malenfer, Périphérique de Toulouse, novembre 2012

On ne les aperçoit pas. Pourtant, si nous placions Toulouse sous une immense cloche de verre fonctionnant comme une chambre de Wilson, nous verrions alors s’y tracer sous l’effet de la condensation leurs multiples trajectoires. L’air serait zébré de traînées noires, presque cotonneuses, trahissant leur présence dans le brouillard saturé que l’énergie des hommes exhale, tel la soupe primitive d’un nouveau climat.
Bigorre

Le bâtiment n’avait rien d’un vaisseau high tech ni d’une forteresse, ce qui déconcerta un peu notre enquêteur, qui, bien que philosophe, se laissait prendre parfois par les images qu’il s’était projetées dans la caverne de son for intérieur. [extrait du livre Micromegapolis]