Articles relevant de la section

LANGUE URBAINE

Trajet du récit, espace de langage de la ville

La ville est une arène 5 ©Sébastien Mazauric

Et cet horizon… toujours le même, la ligne violette des crêtes, le plateau, Ronel au loin dans la vallée avec le cimetière qui couvre la pente derrière l’église, tournant le dos au village… seule alternative à Paris, c’est comme d’être en cage.
La ville est une arène 4 ©Sébastien Mazauric

Il explique qu’il est venu pour les résultats du baccalauréat, qu’il a passé en candidat libre cette année, en fait c’est la deuxième fois, et il ne sait pas à qui s’adresser. Si, il a été au bureau mais les gens avaient tous l’air très occupés. Oui, il vient.
La ville est une arène 3 ©Sébastien Mazauric

Personne ne sait comment il est arrivé jusqu’ici et il se tait avec application quand on le lui demande, habitué à filer par les portes, à se cacher, à escalader le mur du fond de la cour quand un contrôleur ou un policier arrive à l’improviste.
La ville est une arène 2 ©Sébastien Mazauric

Je lis dans leurs regards aux gens; ils sont gênés, ils baissent les yeux, ils posent une main sur la vitre pour se faire croire qu’ils l’ont eux aussi un peu ouverte la porte, mais c’est faux. Tout ça pour ne pas avoir à me regarder, à me dire merci ou pire: à me faire face.
La ville est une arène ©Sébastien Mazauric

Se rappeler du jour où il était arrivé en France était trop difficile, trop flou ; celui dont il se souvenait en revanche nettement était celui de son départ, mais il essayait de toutes ses forces lasses d’éviter à sa mémoire de revenir en arrière à cet endroit-là.
Salin-de-Giraud

Il y avait la traversée en bac jusqu’ici, pour voir les lignes parallèles des bassins salins, la traversée pour humer la saumure, et jeter son front au devant des cent soleils blancs réfléchis dans le marais.
Lavéra-Ponteau, encre de Frédéric Malenfer

Un polystyrène d’ébène, une canette Saint-Jacques rouillée, des galets pneumatiques, un cristal de pétrole brut pétrifié, des tessons de terre cuite, des ciments méridionaux…
Bayou Triangle, Ninth Ward, New Orleans

Cicatrices mal cousues, dernière frontière, Nola ville sorcière, qui connait les coupures, le tranchant et son envers, entre ceux qui restent et ceux qu’elle laisse, les squelettes derrière les murs…
Touffeur

Que peut-être ils vont t’ôter les chaînes et que toi aussi tu reprendras la Touffeur Stomp dance. But you better not complain, boy, you get in trouble with the man. Mais espoir no more dans les cellules de SBPP. The next thing you know, boy, Oh! You’re prison bound.
Concert au Spotted Cat, Julian Addison à la batterie.

Tu as mangé les noirs et tu vas noyer les blancs et la marée noire qui reflue en toi c’est la fin Nola c’est la fin de toi des noirs des blancs des texans des blues et des bayous des cajuns du jazz et de Mojo de Mojo René dans Crescent City