Dirigé par Matthieu Duperrex et par Claire Dutrait, Urbain, trop urbain se propose depuis 2010 de saisir les métamorphoses actuelles de la ville et du monde par des pratiques artistiques et culturelles résolument subjectives, qu’elles soient poétiques ou réflexives. Par des parcours documentés au moyen du texte, du son et de l’image, de la veille numérique, artistique et bibliographique, le collectif propose des regards multiples sur la ville et ce qui la dépasse. Aujourd’hui, l’urbain, mais plus largement encore, l’anthropocène. Empruntant ainsi à l’analyse urbaine, à la géographie (Michel Lussault), l’histoire (Régine Robin), la philosophie (Peter Sloterdijk), et de plus en plus à la sociologie (Bruno Latour) et l’anthropologie (Michel de Certeau, Philippe Descola, Tim Ingold), le collectif fait de la matière des villes et du monde une matière sensible mais aussi un sujet de réflexion sur notre condition contemporaine.
Le collectif Urbain, trop urbain est à géométrie variable selon les projets : il prend la forme d’ateliers créatifs ou d’accompagnement d’écriture à la recherche de perspectives neuves sur la ville (que ce soit des mégapoles étrangères ou des espaces urbains européens, dont Toulouse —lire par exemple Shanghai Nø City Guide, Périph’strip…), et sur le monde contemporain (une direction artistique sur la gestion des déchets en Méditerranée au MuCEM). En 2012, le collectif a aussi été sollicité par le sociologue Bruno Latour pour mener une enquête urbaine à Toulouse produite dans le cadre du Festival La Novela (édition 2013) sous la forme d’un livre et d’une installation numériques au Centre culturel Bellegarde : Micromegapolis.
Les actions menées par Urbain, trop urbain explorent en effet les possibles de l’édition numérique, que celle-ci passe par l’Internet, le livre numérique, l’installation, le web-documentaire ou les réseaux sociaux tels Facebook, Twitter, Tumblr, Instagram… S’étendant aussi hors du Web, certains projets donnent lieu à des performances poétiques alliant musique, image et voix (Les Légendes périphériques ou Nouvelle célébration des sédiments) et des installations sonores et vidéos (In wildness is the preservation of the World ou Le Génie du rivage). La pratique psychogéographique se prolonge ainsi en une expérience immersive et partagée avec un public.

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