À propos
Les premières mises en ligne sur ce site ont été effectuées le 07 avril 2010. Urbain, trop urbain a pris bon rythme et de nombreux rédacteurs sont venus ici travailler. Merci à eux.
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Pourquoi cette appellation
Urbain, trop urbain est un nom de baptême qu’on référera sans mal à un titre célèbre du philosophe Nietzsche: Humain, trop humain. Dans cet ouvrage, où Nietzsche procède à partir du pessimisme de Schopenhauer, il s’agit de « liquider » l’humanisme, entendu comme philosophie fondée sur une métaphysique du sujet pensant (Descartes et son « je pense ») et une morale de l’obligation (Kant et son impératif catégorique). Il s’agit de défendre une certaine forme de psychologisme et de perspectivisme de l’individualité humaine: le « trop humain », c’est ce par quoi on sort de l’humain, ce par quoi on le dépasse. Littérairement, cela se traduit dans le livre même de Nietzsche par un abandon de l’écriture philosophique comme traité ou dissertation : Nietzsche adopte une écriture très moderne par fragment et par recours à une poésie des personnages philosophiques (Le voyageur et son ombre).
Urbain, trop urbain est porteur d’un discours analogue sur la ville. Nous considérons, avec bien d’autres (Françoise Choay, Olivier Mongin, François Asher, Régine Robin…), que ce qu’on appelle « la ville » est en train de disparaître, que des fonctions essentielles de structure de l’espace physique et mental qui désignaient la ville, comme système, mais aussi comme idée régulatrice du vivre et de l’habiter ensemble — que ces fonctions ont évolué au point de rallier quelque chose, qui par sa morphologie appartient bien au domaine de l’urbain (architecture, espaces publics, réseaux, gouvernance, etc.), mais qui devient un au-delà ou un par-delà la ville.
Voilà donc le propos : la ville est aujourd’hui « quelque chose du passé », l’urbain a perdu l’unité de discours que lui apportait l’idée de la ville occidentale. Nous autres, contemporains de cet état, sommes donc passés dans du post-urbain, dans de l’urbain d’après la ville, que nous ne pouvons plus considérer que par touches éclatées si nous voulons continuer à avoir une approche « libre » de la ville. C’est pourquoi nous revendiquons ce mot d’ordre « pratiquer la ville », qui nous vient de Michel de Certeau. Ce dernier avait une pensée des lieux de la ville comme espaces rendant possibles des pratiques. Pour lui, la ville était un espace fini qui rend possibles des pratiques et des trajectoires infinies. Notre problématique est la suivante: comment, par quelle approche, par quels outils peut-on encore considérer que la ville est un espace du possible, de l’ouverture, de la liberté ou de l’affranchissement ? C’est-à-dire un espace d’accueil pour nos pratiques ?
Alors qu’un urbain sans urbanité affirme sa loi, transforme tout espace en espace d’opération et du projet, est porteur d’entropie et de contraintes qui fragmentent nos pratiques, comment « pratiquer la ville » et inventer un espace sous tension ? L’enjeu est sensiblement le même que pour Nietzsche: comment être libre à l’égard des catégories philosophiques et morales héritées, comment tracer une perspective individuelle, comment avoir une éthique sans plier sous le joug de la morale, etc. ?
L’urbanité demeure tant que la pratique de la ville instille en nous le sentiment d’une part manquante. Nous aimons Casanova qui répond à la question de Mme de Pompadour lui demandant s’il venait « vraiment » de « là-bas », Venise : « Venise n’est pas là-bas, madame, mais là-haut. »
Parti éditorial
Urbain, trop urbain désigne une tentative d’approche fragmentaire et éclatée — par l’écriture littéraire et sociologique ou philosophique — de cette mutation/disparition de la ville occidentale, comme idée, cosa mentale et comme espace social homogène. Les titres de rubriques que nous proposons illustrent à la fois cette approche fragmentaire et ce souci du sens, du décryptage qui nous anime.
Chacune de ces entrées recouvre en effet dans sa dénomination même une portée sémiologique ; en résumé : le signe, la lecture, l’écriture, l’étiquette…
De la part des rédacteurs, cela appelle des textes très différenciés, de l’analyse urbaine assez chiffrée et théorique, avec cartographie, à l’exercice de style poétique sur des lieux, des objets, des sensations, en passant par la fiche de lecture (un livre, un film), la description d’un parcours de visite (un itinéraire de découverte), ou de la critique architecturale, etc. Nous avons pour objectif de laisser à chacune de ces formes d’expression rédactionnelle une liberté de ton, une valeur propre.
Des dossiers sont toutefois créés, les « Kaléidoscopes urbains », qui rassemblent des fragments, pour leur valeur d’apport à la compréhension d’un système urbain, d’une ville, d’un paysage. Nous nous donnons le temps d’écrire, par fragment, des petites touches de couleur sur une ville ou un système urbain, avant de rassembler ces articles dans un dossier cohérent, qui a sa vie propre, désynchronisée du flux du blog.
Auteurs
Urbain, trop urbain a pour fondateurs et « animateurs » réguliers :
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Partenaires fondateurs
Septime, agence interactive. Rodez, 12000
Lexies, agence éditoriale. Toulouse, 31000
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