Accueil»Actualités»
Critical Zones. Observatories for Earthly Politics

Critical Zones. Observatories for Earthly Politics

Exposition du 23 mai 2020 au 28 février 2021

5
Partages

Lieu : ZKM | Centre d’Art et des Médias, Karlsruhe, Allemagne
Commissariat : Bruno Latour et Peter Weibel avec Martin Guinard et Bettina Korintenberg
Comité curatorial : Alexandra Arènes, Bruce Clarke, Jérôme Gaillardet, Joseph Koerner, Daria Mille, the Critical Zones Study Group at Karlsruhe University of Arts and Design (HfG)
Participation française : Alexandra Arènes, Frédérique Aït-Touati, Emanuele Coccia, Matthieu Duperrex, Jérôme Gaillardet, Soheil Hajmirbaba, Pauline Julier, Sonia Levy, Stéphane Verlet-Bottéro
Site web : https://zkm.de/en/exhibition/2020/05/critical-zones

Projet d’exposition et de recherche à la fois, Critical Zones répond à l’urgence de mettre en commun nos facultés, connaissances, disciplines et cultures pour établir ensemble une cartographie de la multitude des Terres. L’exposition simule à petite échelle le modèle d’une nouvelle spatialité de la Terre et la diversité des formes de vie qu’elle accueille. Elle fait émerger un paysage qui rend intelligibles au public les caractéristiques du « nouveau régime climatique », un concept forgé par Bruno Latour décrivant la situation de tous les organismes vivants sur la planète. Ce concept ne se limite pas aux crises écologiques, mais s’ouvre aussi à des questions de politique et d’histoire culturelle, de même qu’à un changement de paradigme éthique et épistémologique. En tant qu’observatoire des zones critiques, l’exposition vise à orienter le débat vers une nouvelle politique pour la planète.

Critical Zones se distingue par la vaste coopération d’artistes, designers, scientifiques et militants qui la compose. L’art, avec toute sa puissance imaginative, spéculative et esthétique, se lance le défi majeur d’inventer de nouvelles formes de représentation et options d’action dans un contexte global encore indéfini. Cette combinaison particulière d’expérimentation intellectuelle et d’exposition est structurée comme une série d’observatoires. Ces séries expérimentales sont accompagnées d’un vaste programme d’ateliers en collaboration avec la Staatliche Hochschule für Gestaltung (HfG) Sciences Po Paris, le Royal College of Art, autres institutions et initiatives.

Vernissage virtuel de l’exposition

L’exposition Critical Zones, consacrée à l’état critique de la Terre, coïncide désormais avec la pandémie de coronavirus, illustrant les questions essentielles de la crise écologique à laquelle nous assistons. Cette situation exige une nouvelle politique de la Terre, ce qui implique également de nouvelles formes d’exposition. Ainsi, l’exposition physique Critical Zones qui prend actuellement corps sur le site du ZKM sera complétée par une plateforme d’exposition numérique et sera ainsi reliée à un champ d’événements non locaux dans des espaces réels et virtuels. Un « Streaming-Festival » de trois jours, avec un programme comprenant des visites de l’exposition réelle et de l’espace virtuel, ainsi que des entretiens et des conférences, inaugurera l’exposition à partir du 22 mai 2020 à 19h. Dans cette manifestation multidimensionnelle et multicanal, l’objectif est de transformer les récepteurs en émetteurs actifs. L’exposition deviendra une chambre d’écho, un espace de résonance des formes de communication symbiotiques – une réponse à la planète symbiotique. La reconnaissance du fait que la vie sur Terre naît et perdure grâce à la symbiose de toutes les formes de vie exige également de nouveaux modes de communication.

L’ouverture de l’exposition dans l’espace physique est soumise à l’évolution de la pandémie COVID-19 et sera communiquée à court terme via le site web du ZKM.

© Frédérique Aït-Touati, Alexandra Arènes, Axelle Grégoire
© Frédérique Aït-Touati, Alexandra Arènes, Axelle Grégoire

Zones critiques

Nous devons faire face à ce qui est littéralement un problème de dimension, d’échelle et d’allotissement: la planète est beaucoup trop étroite et limitée pour le globe de la mondialisation; en même temps, elle est trop vaste, infiniment trop grande, trop active, trop complexe, pour demeurer à l’intérieur des frontières étroites et limitées de quelque localité que ce soit.
— Bruno Latour
Jusqu’à présent, le « globe » a déterminé nos relations avec la Terre. Un corps astronomique parmi des myriades d’autres, découpé par des lignes de latitude et de longitude, vu selon une perspective impossible du dehors et à distance de nous, cette image décrit notre rapport au monde dans lequel nous vivons : distant, mécanique, et surtout contrôlable. L’exposition Critical Zones prend son point de départ dans un changement de perspective : elle nous exhorte à reconnaître que nous ne vivons pas sur le globe, mais dans la zone critique, enchâssés dans ses multiples processus dynamiques. Le terme « zone critique » provient des géosciences et décrit la couche fragile de la Terre, qui n’est mince que de quelques kilomètres et sur laquelle la vie est engendrée. Bruno Latour a étendu le terme à la dimension philosophique où il devient une relation critique et participative de nous-mêmes avec notre monde vivant, dont l’état de menace a atteint une ampleur sans précédent dans l’histoire de la Terre, désormais façonnée par les humains.

L’exposition est consacrée à la question des politiques que nous devrions mener pour que la Terre reste habitable pour nous. Nous suivrons ici Alexander von Humboldt qui a vu que dans la nature « Tout est connecté » ainsi que les travaux scientifiques révolutionnaires de James Lovelock, initiateur de l’hypothèse Gaia, et de Lynn Margulis, sa coauteure. Les recherches de Margulis et notamment sa théorie de la planète symbiotique sont des points de référence très actuels pour créer un terrain d’entente via de nouvelles formes de coexistence et de politique. Avec le philosophe Bruno Latour, le ZKM a créé un observatoire – sur le mode d’une exposition de pensées – qui présente à petite échelle la diversité des relations entre les formes de vie sur Terre. Les visiteurs de l’exposition deviennent des observateurs, leur comportement modifie l’exposition, et le comportement de l’exposition change en conséquence. Ainsi le monde peut-il à son tour changer. À cet égard, l’exposition sert de laboratoire vivant pour développer, au travers d’une coopération transdisciplinaire de stratégies scientifiques et artistiques innovantes, le potentiel futur des connaissances et des options d’action disponibles en dehors des notions et concepts établis de nature et d’écologie.

Critical Zones. The Science and Politics of Landing on Earth

Bruno Latour & Peter Weibel éd.

Catalogue publié par MIT Press en mai 2020, 560 p.

Commande via le site de MIT Press

Envoi

You want me to land on Earth? Why?

— Because you’re hanging in midair, headed for a crash.

— How is it down there?

— Pretty tense.

— A war zone?

— Close: a Critical Zone, a few kilometers thick, where everything happens.

— Is it habitable?

— Depends on your chosen science.

— Will I survive down there?

— Depends on your politics.

As everybody learned at school, when the position of the Earth in the cosmos is modified, a revolution in social order might ensue. Remember Galileo: when astronomers made the Earth move around the sun, the whole fabric of society felt under attack. Today, again, four centuries later, the role and the position of the Earth is being revolutionized by new disciplines: it appears that human behavior has pushed the Earth to react in unexpected ways. And once again, the whole organization of society is being subverted. Shake the cosmic order and the order of politics will be shaken as well. Except that, this time, the question is not to make the Earth move around the sun, but to move it somewhere else altogether! As if we had to learn anew how to land on it.

— “Landing on Earth? Why would anyone attempt to land there? Are we not already on Earth?”

Well, not quite! And that’s the circumstance this book tries to present to the inquiring reader: it seems that there has been in the past some misinterpretation over what it means to be earthly. If you believe it means “practical”, “mundane”, “secular”, “material” or even “materialist”, you’re in for a surprise.

Téléchargement

L’introduction

Les ouvertures de sections

La table des matières

Et enfin, lire notre recension de la précédente exposition de Bruno Latour au ZKM, Reset Modernity!

Auparavant

L'Anthropocène, une esthétique "canard" ?

Ensuite

Croire aux fauves, ou écrire en zone de métamorphose

Pas encore de commentaire

Commenter cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>