Périph’Strip est un projet initié en 2012. Expérience psychogéographique en terre toulousaine, parcours à pieds sur le périphérique intérieur, Périph’Strip décrit la courbe d’un univers en marge de notre monde commun. Par des pratiques artistiques variées, l’excursion urbaine invente des paysages, des habitants et des rêveries. Les 35 km de rocade dessinent ainsi un « strip » inédit, un cheminement poétique au cœur de notre condition urbaine… Durant plus de deux ans, ce périphérique exploré à pieds a constitué une sorte d’atelier de création d’où ont procédé des performances, des spectacles poétiques, des œuvres artistiques et, notamment, un livre qui est paru à la fin de l’année 2014, simplement intitulé “Périphérique intérieur”.

Spécifiquement toulousain, le projet Périph’Strip a engagé de façon régulière six personnes, toutes membres du collectif Urbain, trop urbain et réunissant les compétences suivantes : littérature & critique, photographie, vidéo, botanique, dessin, peinture, graphisme, urbanisme…
Le collectif Urbain, trop urbain a fait du parcours pédestre du périphérique une expérience psychogéographique en terre toulousaine. Ils ont en effet choisi d’accueillir le paysage tel qu’il se donnait, de se soumettre à sa topologie et de donner libre cours à un imaginaire subjectif, sans essayer de pratiquer un discours savant ou sociologique sur cet espace.

Le périphérique de Toulouse, aussi appelé « rocade » est composée de trois tronçons, deux côté est (gérés par ASF) et un côté ouest, le plus ancien et le plus urbain (géré par la Direction des routes du Sud-Ouest). En tout, il mesure 35km, soit les mêmes dimensions que le périphérique parisien.
À raison de marches d’environ 6km, durant trois à cinq heures, Urbain, trop urbain a exploré l’espace intérieur de son orbite et continue d’y mener des excursions. À l’occasion de ces marches à pied derrière les glissières plus ou moins autoroutières (généralement sur le patrimoine de l’exploitant autoroutier : c’est bien évidemment interdit) se découvre un univers en marge de notre monde commun, un univers où la mobilité fait loi : mobilité des véhicules bien sûr, mais aussi des habitants, des paysages et des aménagements.
Le projet a consisté à marcher au plus près de cette orbite et d’en dessiner le « strip » petit à petit, avec une boîte à outils collective : photographie, prise de notes, herborisation, enregistrement sonore, dessin… Ainsi, l’œuvre artistique existe en premier lieu dans l’accomplissement de ce parcours pédestre inédit. Mais Urbain, trop urbain a aussi eu l’ambition de composer pour le public toulousain et au-delà une œuvre à parcourir, avec ses entrées et ses sorties, donnant l’occasion de découvrir cet ouvrage d’art qu’est le périphérique et les imaginaires qu’il peut faire circuler aujourd’hui.
Portrait du collectif: ©Patrice Nin
Portrait du collectif: ©Patrice Nin

Découvrir le site consacré au projet Lire le recueil des “Textures périphériques” sur Zone Claire


Périphérique de Toulouse, ©Jean-Yves Bonzon

À Urbain, trop urbain nous considérons que la pratique des espaces urbains les plus ingrats en apparence est toujours l’occasion de «faire lieu», c’est-à-dire de délivrer un sens par-delà le déficit premier de fiction, d’appropriation sociale et de culture.
Couverture du livre-©Uttarayan

Composante du projet Périph’Strip, une série de marches artistiques sur le périphérique de Toulouse, le récit polyphonique « Périphérique intérieur », paru fin 2014, fait l’objet de quelques manifestations de début d’année.
PeriphStrip-Tour-Operator

Urbain, trop urbain organise et anime un tour complet du périphérique de Toulouse en bus. C’est le samedi 20 septembre 2014, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Le site www.periphstrip.fr vient d’ouvrir afin de présenter cet événement et de faciliter les réservations.
Frédéric Malenfer, Périphérique de Toulouse, janvier 2014

Un pneu avait passé la glissière et se trouvait, là, désolidarisé du véhicule qui l’avait éjecté. Longtemps après les sirènes, la vieille rassembla son bouquet, et dans un geste ancestral, en déposa sur le pneu l’une des fleurs.
Frédéric Malenfer, Périphérique de Toulouse, novembre 2012

On ne les aperçoit pas. Pourtant, si nous placions Toulouse sous une immense cloche de verre fonctionnant comme une chambre de Wilson, nous verrions alors s’y tracer sous l’effet de la condensation leurs multiples trajectoires. L’air serait zébré de traînées noires, presque cotonneuses, trahissant leur présence dans le brouillard saturé que l’énergie des hommes exhale, tel la soupe primitive d’un nouveau climat.
Photographie tirée de la série de Jean-Yves Bonzon, Autonautes en symbiose avec leur milieu

«Périphérique intérieur», cela sonne déjà comme un oxymore. Vous avez remarqué? «Périphérique intérieur». C’est le cœur et ses artères, c’est la cible et le snipper. C’est l’appariement du cheval blanc et du cheval noir de l’âme. Et comme notre état d’âme, le périphérique intérieur répète et invente, inlassablement.
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Prendre ce territoire hostile du quotidien qu’est le périphérique pour cadre de nos énoncés rituels, c’est y réintroduire un art du lieu. Le premier qui s’avisa un jour de s’arrêter, n’importe où sur l’autoroute, et de dire «ceci est mon lieu», celui-là fut le vrai fondateur de l’autonautique et le bienfaiteur de tous les autonautes.
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Périphérique de Toulouse. Ce qui pourrait être vrai ici pourrait tout aussi bien l’être ailleurs. Ainsi vont les mythologies urbaines. Ainsi se répandent les rumeurs…
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À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, placées cette année sous le thème des «patrimoines cachés», Urbain, trop urbain s’est proposé de réaliser une œuvre collective… et pédestre. Il s’agit en effet d’arpenter la rocade toulousaine à pied. Nous allons en dessiner le «strip» petit à petit, avec notre boîte à outils: photographie, prise de notes, herborisation, vidéo, enregistrement sonore, dessin…