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LANGUE URBAINE

Trajet du récit, espace de langage de la ville

Rialto

Et puis le rayon de soleil se fait plus jaune, la femme sort son porte-monnaie. Le garçon apparaît, en chemise blanche et gilet noir, moustache en gris et plateau sur la paume.
Pluie sur Charles street

En route vers la IXème section, vers les digues, celles qui n’ont pas tenu, vers le lac Pontchartrain. Des travaux bifurquent la voie, signalétiques rouges et blanches. Ralentissement. Des ouvriers, plutôt noirs.
Chanteuses au marché — ©Urbain, trop urbain

Eh quoi? t’as quoi dans les doigts ce matin? Mais il part pas! Tu vois pas? il veut pas se décoller! il veut pas partir…
Fellini-Affiche

Voir Roma à l’adolescence, c’est être Fellini sans savoir que c’est lui, d’ailleurs ce n’est pas lui, être un beau jeune homme habillé en blanc qui descend du train, refuse un briquet, découvre la ville en ouvrant une porte, tombe dans une pension à multiples trappes…

À quoi aurait servi, sinon, le pont — on ne pouvait croire qu’il cessait là, au beau milieu du fleuve, inachevé, vaguement suspendu au-dessus de l’eau grasse et noire qui coulait vers l’océan que l’on imaginait pas tellement loin que ça puisqu’il nous arrivait de sentir sur nos visages quelque chose de marin, une sorte de liberté…
Ragazzi en liberty

Toujours à Rome par mille voies les ragazzi sur liberty les enfants du tramway graffité toute la famille sainte des faubourgs à Saint-Jean de Latran à la Garbatella de Cinecittà aussi ou bien venus de via Portuense ou d’Appia Nuova descendent le Janicule remontent du Village olympique coupent Nazionale évitent le Corso Vittorio Emmanuele puis encore de toutes les places aux marchands de glaces et hors les murs antiques…
Ruines

Un jour viendra peut-être où sur les ruines/ Des monuments romains/ Pèseront les troupeaux, et où les sept collines/ Subiront la charrue; peu de soleils/ Auront tourné, peut-être, avant que le renard/ N’habite les cités latines et que les arbres/ Ténébreux ne murmurent dans leurs enceintes…
Orianenstrasse

Il faudrait évidemment que j’y aille voir […] Un jour donc nous voici embarqués gare de l’Est […] Ce n’avait pas été sans quelques tergiversations et inquiétudes […] Naturellement la curiosité l’emporta […] J’espérais aussi améliorer quelque peu ma connaissance de la culture allemande […] Indissolublement balcon sur l’Est, balcon sur l’Ouest, elle est aussi balcon sur l’avenir et le passé.
Le vapeur Natchez sur le Mississippi

J’étais si petite, sinon malvenue, en dessous de l’espérance commune. Mais il ne rejeta pas ma naissance. Il accueillit la nouvelle, je me lovai ici. Lui, le Père qui resterait solitaire, embrassait sans chérir. Prodigue en tout sauf en sentiment, il dissimulait ses tourments. Que de colère grondait en lui! La force contenue, quand elle explose, ravage ce qu’elle touche, mais on s’en relève, à la différence d’une haine continue, qui ronge et sape toute fondation.

Tant qu’il y aura des points de vue avec accès payant sur bijoux de pacotilles, tant qu’il y aura des entrées gratuites pour les enfants le long de cette artère fourmillante et crasseuse, tant qu’il y aura l’apéro offert au groupe en terrasse devant la façade 1933 d’un superbe immeuble de rapport, tant qu’il y aura le quartier libre dans la rue commerçante, ancienne Rue de l’église dédiée au roi, tant qu’il y aura des bus sightseeing avec écouteurs à brancher dans le siège mais sans musique…