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FLYER URBAIN

Petits papiers, réclames, relais en ville

Silent Exile—©Jake Price

«Il faut fermer la jungle de Calais» proclame un jour un ministre de l’Immigration. La fermeture de Sangatte a une vocation: rendre encore plus invisibles des vies étrangères placées sous le sceau de «l’irrégularité». Sur la plage de Sangatte, un jour, puis un autre jour, l’attente des vies anonymes s’est dissoute en une absence totale de lieu. Le livre « Dedans, dehors, La condition d’étranger » pose à ce titre la question de la disqualification de certaines vies, ces vies étrangères auxquelles on confisque à un moment donné leur visibilité.
MAP-Taipei-©Aram Bartholl

Un Pecha Kucha qui aurait pour thématique la «ville numérique»? Urbain, trop urbain a répondu à l’invitation de l’Esplanade et ensemble, nous réunissons quelques amis ce vendredi, à Toulouse. Venez nombreux, entrée libre et ciel dégagé.
Dead drop

Utopie de la déconnexion portée par des addicts du branchement et du partage, grand voyage immobile des créations: le Dead drop fonctionne a rebours du «cloud», c’est à dire de la dématérialisation, de l’éclatement et de l’accessibilité en ligne des données. Les prothèses numériques sortent dans la rue, déconnectées du réseau Internet.
Masumiyet Müzesi

«Le musée de l’Innocence», c’est d’abord le titre du roman de Orhan Pamuk. L’inscription sur l’immeuble de la rue Çukurcuma fait de celui-ci non seulement une «matérialisation de la fiction», mais aussi la réalisation de la synecdoque à l’œuvre dans le roman.
Neozoon

Kangourous, coyotes, renards, cerfs, ours, lapins, tigres, moutons… Neozoon tapisse stratégiquement les murs de nos villes et interroge notre rapport à l’animal. Interview de ces mystérieuses dames à la fourrure qui gardent encore leur anonymat.
Floating sauna_Ryo Yamada

Nous voulons nous engouffrer dans la ville, habités par un «sentiment océanique». La ville en immersion des pratiques urbaines ne se résout pas dans les stratégies de captation de l’attention. Exfiltrant le matériau poreux de ses ambiances, elle nous apparaît comme une fable à la poétique de laquelle nous pouvons contribuer.
The battle of megastructures

La non-géométrie ouverte, non fonctionnaliste, et si possible impermanente d’une architecture opposée aux systèmes plastiques fermés s’est développée dans les utopies des années 1960-1970. Le compas et l’équerre laissent place à l’imaginaire topologique.
Locomotive et drive in

On ne réécrit pas impunément la poétique du Transsibérien de Cendrars, lui dont l’écriture dit «la moëlle chemin-de-fer» et fait courir après ça tous les trains d’Europe derrière elle. Mais doubler la vie du trajet par l’invitation au voyage de la littérature, et conduire ces lignes d’existence aussi parallèles que deux rails: cela, c’est la magie du chemin de fer.
Town bridge_Brodsky et Utkin

Les villes «de papier» brulent moins aisément que nos arbres. De bien anciennes utopies demeurent neuves, alors que beaucoup de ce qui sort des cartons ne vaut pas la pâte à papier. Tout cela est bien mystérieux. Ainsi que le clame notre poète favori Serge Pey — lui qui rend les poissons rouges funambules —, «Dieu est un chien dans les arbres».
Grand Palais_salon_1909

Le voile vaporeux de protection d’un chantier fait figure de structure minimale et en même temps continue. De même, le tracé lumineux des processions nocturnes des avions à réacteur dans un air devenu dense pourrait être la première tension architecturale de notre ciel étoilé.