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FLYER URBAIN

Petits papiers, réclames, relais en ville

Bombs Away, novembre 1952

Dès l’invention des frères Montgolfier, il s’en trouvait un, dans l’assemblée des spectateurs médusés du 21 novembre 1783, pour immédiatement rêver des applications militaires du ballon. Si l’histoire du bombardement moderne débute en 1911 par l’attaque aérienne d’une oasis voisine de Tripoli, cette histoire dépasse de loin celle d’une évolution linéaire des thanato-technologies dans la sophistication et la puissance de feu.
Carte Mercator

L’omphalos, le lieu d’origine et l’axe du monde: voici le complexe de l’Occident qui a «rayé de la carte» des civilisations entières au profit de sa conquête d’espace. On peut cependant débusquer dans l’histoire des cartes et des explorations, ainsi que de leurs récits les détours et cheminements qui contredisent cette hégémonie de l’Occident. C’est la possibilité de cette faille peut-être narcissique qu’on nomme le «monde plausible».
Sarcelles

On use et abuse à tort de la célèbre phrase de Charles Jenks dans “The Language of Post-Modern Architecture” à propos de la démolition de Pruitt–Igoe, le 16 mars 1972 à 15h: «le jour où l’architecture moderne est morte». Il faudra s’interroger un jour sur la façon dont la spectaculaire destruction de ces barres à Saint-Louis sert d’arrière-fond, ici comme ailleurs, aux sanctions de la politique du logement énoncées dans le cadre de la rénovation urbaine.
L’argent. C’est la matière première et dernière

Le Shanghai Nø City Guide sorti au mois de février recèle une contribution d’Omer Pesquer qui déborde la clôture du livre, fût-il numérique, pour s’exprimer pleinement sur le Web. «Shanghai en folie» est un magnifique témoignage du renouvellement de nos écritures urbaines, par jeu et essaimage.
Üsküdar, Istanbul

L’urbain excède la forme prévisible du rapport à la ville et joue pour nous d’autres relations où l’indifférencié voisine avec la singularité. La contemporanéité de telles relations tend à nous faire définir à nouveau frais notre espace de représentation, et elle dit assez, pour moi et bien d’autres, la nécessité de penser l’urbain en «hors cadre», avec une trame textuelle et des catégories appropriées, et dans le jeu des prépositions «par» et «avec»… celles qui forment la socialité.
Railroad tracks, St Louis-Missouri, 1939

Partout, des lignes: cahiers, partitions, pavement, tout calepinage ou plancher de nos surfaces ordinaires, routes qu’on déroule comme mailles de nos vêtements, fils barbelés qui séparent à la frontière, passerelle qui unit, signes enlacés ou diagrammes de nos relations multivoques — lifelines de Laurence Sterne —, réseau social, prise, connexion ou emprise… Ô toi, mon amour!
Chargement au Havre

Le conteneur est responsable d’une mutation que sa réalité technique, assez fruste, ne pouvait faire présumer. Comment donc cette histoire a-t-elle commencé? Pourquoi une simple boîte de métal allait-elle tout changer du rapport des villes à leur port? C’est de gestion qu’il s’agit, et pas d’une boîte et de ses prétendues qualités techniques…
Dan Havel & Dean Ruck, Inverted house, Houston

La thèse du géographe David Harvey est simple: les concentrations démographiques et géographiques que sont les villes doivent leur dynamique au besoin du capitalisme d’écouler le surproduit. Dans cette voie, comme dans la fameuse fresque de Diego Rivera, les villes cristallisent du temps de travail et des rapports de classes. La progression des infrastructures urbaines est en ce sens attachée au jeu de l’investissement et de la dette.
Earth Apollo 8

Quel sens donner au monde? Du cosmos ordonné et un, l’image se fracture irrémédiablement. L’architecture, l’agencement des rapports de contact entre les êtres? Usés et révolus. Ce qui signifie rien moins que d’abandonner l’essence au multiple des formes sans chercher à l’ordonner. Quels sont les mondes possibles de l’architecture?
Chris Burden, Metropolis II

Avec une lecture à sens unique du «développement», les élus sont souvent obnubilés par le «rayonnement» de leur ville et leur place dans des classements qui entretiennent savamment le marketing urbain. Or, le tramway moderne — pas celui qu’on voit cahoter dans des villes qui ne l’ont jamais abandonné, mais l’engin métaphorique par excellence de la «glisse» urbaine et de l’injonction à la mobilité —, lui au moins, comble cette attente.